Dargaud : Les Jours sucrés, le Magicien de Whitechapel T3, Arthus Trivium T1

/ Critique - écrit par plienard, le 14/03/2016

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Des albums foncièrement différents chez Dargaud mais qui procurent pratiquement le même plaisir.

Les Jours sucrés – note : 8/10

Eglantine vient d’apprendre la mort de son père qui l’avait abandonnée, elle et sa mère, 17 ans plus tôt. Son retour dans le village de son enfance, Klervi, n’est donc pas pour la ravir plus que cela. Elle veut rapidement régler cette histoire d’héritage et rentrer sur Paris où l’attend un dossier important.


©Dargaud édition 2016.

J’avais envie de qualifier ce récit de pas très original, mais cela aurait été trop dure et critique pour cette belle histoire. Car on prend énormément de plaisir à lire cet album édité chez Dargaud. On a déjà vu ou lu à la télévision ou dans d’autres livres le même genre de péripéties qu’Eglantine va rencontrer. En cela l’histoire n’est pas très originale. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, et c’est sans doute là tout le talent des auteurs Loïc Clément et Anne Montel (à qui on doit aussi les Temps des mitaines chez Didier jeunesse), ça fonctionne. L’album est fait avec une telle douceur qu’on ne peut qu’adhérer au comportement d’Eglantine. Elle a le courage de ce qu’on a tous, plus ou moins, rêvé de faire un jour : claquer tout et changer de vie.

On n’a « malheureusement » pas tous un père qui nous a rejeté et une colère rentrée qui ne demande qu’à sortir. Mais ce qui est sûr, c’est qu’on devrait tous avoir cette « banale » histoire dans sa bd-thèque.

 

Le Magicien de Whitechapel – Tome 3 : L’Eternité pour mourir – note : 7.5/10

Jerrold Piccobello, le magicien, a été accusé de sorcelleries et a été arrêté et soumis à la torture par Mister Pitch et son homme de main. Mais le bourreau a beau décliner tout l’art de la question, rien n’y fait. L’accusé revient à la vie sans cesse (je vous rappelle que Jerrold a vendu son âme au diable pour devenir un magicien hors-pairs). Il ne reste plus qu’une chose, infliger le même supplice à sa compagne Céleste.


©Dargaud édition 2016.

L’album commence donc par le supplice des deux personnages, Jerrold et Céleste. Si on ne voit jamais rien, l’insinuation est bien présente et joue son rôle en faisant monter la pression d’un cran. La vengeance de Jerrold est alors toute naturelle et on le suit bien volontiers dans son office.

Benn clôt le triptyque de fort belle manière avec un style graphique sombre et au trait épais. Cela augmente la noirceur du récit. La très grande qualité de ce tome réside dans les dialogues très imagés mais expressifs pour celui qui se donne la peine d’y faire attention. Un humour acide en ressort et donne un ton particulier à cette série. Tout cela est diablement efficace.

 

Arthus Trivium – Tome 1 : Les Anges de Nostradamus – note : 8.5/10

C’est avec les éloges d’Enrico Marini que ce premier tome d’Arthus Trivium s’offre à nos yeux ébahis. L’auteur du Scorpion et des Aigles de Rome ne fait rien moins que louer cette série naissante et promise à un bel avenir. Et il faut bien avouer qu’il est bien difficile d’émettre un autre jugement tant ce premier tome frôle la perfection.


©Dargaud édition 2016.

Paru chez Dargaud, il met en place l’intrigue et les personnages principaux dont Nostradamus et ses trois anges : Arthus Trivium, Angulus Dante et Angélique Obscura. Tous les trois n’ont plus donné signe de vie depuis un moment. Or le maitre a reçu des menaces et il va avoir besoin de leur aide.

Et si on n’a pas encore réellement identifié les adversaires, on perçoit déjà que c’est dans le passé de Nostradamus que les réponses seront trouvées.

Qui dit Nostradamus, dit prophéties, et l’auteur espagnol, Raule, ne s’en prive pas. Il montre, ici, que son talent entrevu sur la série Jazz Maynard n’est pas usurpé. Pour ceux qui se sont un peu intéressé au sujet, l’album revient sur quelques prophéties célèbres de l’astrologue. Mais c’est pour le décorum, car les intrigues tissées par Raule plonge le lecteur dans le XVIème siècle avec son lot d’obscurantisme et de superstitions. Et pour mettre en place cette atmosphère, il est ici accompagné d’un réel artiste du crayon. Juan Luis Landa, espagnol lui aussi, nous offre un album de toute beauté. L’admiration de Marini n’est pas usurpée.

Une série à suivre assurément dans laquelle on retrouve l’élégance et le baroque de la série Licorne.


Les couvertures des 3 albums - © Dargaud 2016.

 

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