Dargaud : Je veux une Harley T6, L'homme qui tua Chris Kyle

/ Critique - écrit par plienard, le 24/06/2020

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Le mode de vie à la française, ou la philosophie américaine ?

Je veux une Harley - Tome 6 : Garage, sweet garage - note : 7/10

Quand Marc rentre chez lui, il trouve sans cesse quelqu'un garé devant son garage, quand ce n'est pas un sac poubelle ou un tag. Avec Tanie, qui vire végane, ils décident alors de déménager et de trouver une maison avec ... un garage et un jardin assez grand pour cultiver des légumes. Des critères assez simples, mais difficiles à remplir quand on a des idées arrêtées sur ce qu'on veut. Et quand la perle rare est enfin trouvée, les travaux sont à prévoir et le déménagement à organiser.


© Dargaud 2020.

 Marc Cuadrado (scénario) et Frank l'Argentin (dessins) utilisent leur personnage de biker pour raconter la vie de tous les jours et de monsieur Tout-le-monde. Sauf qu'ici, on a affaire à un biker qui veux adapter son monde de vie à sa passion. Cela passe par un garage assez grand pour vivre comme il le rêve. Alors que madame a aussi ses rêves. Quant aux voisins qui voient arriver des bikers avec leur bécane et le bruit qui va avec, cela peut faire peur et créer quelques situations conflictuelles. Mais rien qui ne soient pas gérable dans cette série qui fleure bon l'amitié et le plaisir de vivre.

 

L'homme qui tua Chris Kyle - note : 6/10

C'est un nouvel album du duo Fabien Nury et Brüno que nous vous proposons ici. Après Atar Gull, Tyler Cross, Vintage ou encore Badass, le duo s'essaie au récit documentaire en bande dessinée, sur une légende américaine contemporaine, Chris Kyle, ou plus exactement sur son assassinat.


© Dargaud 2020.

 L'homme était tellement célèbre aux USA qu'il a eu droit à un film sur lui, par Clint Eastwood, American sniper. Chris Kyle est en effet un ancien tireur d'élite de l'armée américaine pendant la guerre en Irak. Un Navy seal (l'unité d'élite de la marine de guerre américaine) qui doit sa renommée à son "tableau de chasse" qui se monte à 160 victimes confirmées (ce qui revient à abattre une personne par semaine sur les trois années de guerre qu'il a cumulé), mais qui monte jusqu'à 255 d'après Chris Kyle lui-même.

Face à lui, Eddy Ray Routh, fait pâle figure. Vétéran d'Irak, lui aussi, atteint de PTSD (Post-Traumatic Stress Disorder), il n'a participé aucun combat, et voue une admiration pour Chris Kyle. Il va pourtant l'abattre froidement lors de leur première rencontre.

Les auteurs nous présentent ces deux personnages "made in America" mais ne s'arrêtent pas à l'assassinat. Ils relatent l'autour et l'après et c'est sans doute là le plus intéressant de l'album.

En effet, est-ce parce que je suis français que j'ai dû mal à sacraliser un homme qui en tue des centaines d'autres, et surtout qu'il en fasse publicité et commerce ? Peut être. Mais l'album démarre comme une suite de faits qui servent à présenter les personnage et l'Amerique telle qu'elle est. Le format et le genre de narration que les auteurs ont choisi est extrêmement saccadé et s'enchaînent comme un flot continu d'informations qu'il est parfois difficile à digérer. Et comme on (je) éprouve peu d'empathie pour les deux personnages, il est compliqué d'accrocher à la tragédie du meurtre d'une légende.

Mais les auteurs vont plus loin que cela. Car ils montrent une facette de l'Amérique, qu'on connait par la force de choses, mais qui nous est étrangère et qu'on oublie forcément quand on juge les évènements d'outre-Atlantique. Et, en cela, ce récit-documentaire est réussi.

 


Les couvertures des 2 albums - © Dargaud 2020.

 

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