Casterman : Les naufragés de la Méduse, Au bonheur des dames

/ Critique - écrit par plienard, le 27/07/2020

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Les naufragés de la Méduse - note : 7/10

Le radeau de la Méduse n'est pas seulement un tableau célèbre de Théodore Géricault. Il est maintenant une bande dessinée de Jean-Sébastien Bordas (scénario et dessins) et Jean-Christophe Deveney (scénario), chez Casterman, et surtout, il est le récit d'un naufrage et des terribles événements qui ont suivis.


© Casterman 2020.

 Cet album fait le récit parallèle de la mise en oeuvre du tableau par Géricault avec les faits. En effet le peintre va s'intéresser à ce fait divers et faire des recherches sur les déroulements du naufrage. Il va fouiller dans les archives et contacter deux survivants. Mais le nouveau pouvoir politique ne voit d'un bon oeil qu'on rappelle ce triste épisode qui met en lumière des manquements graves à la préparation de la frégate ainsi que son évacuation.

Un récit fait à l'aquarelle qui s'intéresse aussi à la vie personnelle de l'artiste qui résonne aussi dans la gestion de cette toile gigantesque qui sera décriée. Les auteurs parviennent à exposer, à la fois, les sentiments du peintre, l'horreur du naufrage, l'ambiance de l'époque où les royalistes ont repris le pouvoir aux successeurs de la révolution et de l'empire.

Tout y est pour comprendre la difficulté de la création de cette oeuvre qui pourrait paraître bien anodine à notre époque.

 

Au bonheur des dames - note : 7/10

L'oeuvre éponyme d'Émile Zola est reprise par Agnès Maupré aux éditions Casterman. Une adaptation vivante qui fait la part belle aux couleurs des tissus et donnent un côté joyeux à cette histoire d'amour sur fond d'évolution des modes de consommation.


© Casterman 2020.

 Denise Baudu arrive à Paris avec ses deux frères. Ancienne vendeuse dans sa Normandie natale, elle espère trouver du travail chez son oncle. Mais le commerce de celui-ci doit faire face au succès de plus en plus grandissant du Bonheur des dames, un magasin qui attire toutes les femmes de Paris. Ne pouvant pas travailler chez son oncle, elle réussit à se faire engager dans ce temple de la consommation où règne une compétition entre chaque vendeurs et vendeuses. Un endroit dans lequel la jeune provinciale a du mal à s'imposer. Mais Octave Mouret, le directeur du magasin, semble enclin à lui trouver des circonstances atténuantes. Est-ce parce qu'il convoite le magasin de son oncle ? Ou est-ce le témoignage d'autres sentiments ?

C'est une belle adaptation qu'Agnès Maupré nous propose ici. Son trait fin et méticuleux doit cependant faire place à de nombreux dialogues qui prennent parfois beaucoup d'espace. Mais elle trouve le ton juste dans la représentation de la folie acheteuse des femmes dans un magasin de tissus (j'espère que mes paroles ne seront pas jugées trop mysogynes ou machistes). La couleur des tissus s'oppose à la noirceur des costumes des hommes d'affaires et des robes des vendeuses, mais surtout à l'ancien monde auquel le Bonheur des dames fait de l'ombre.

Un album qui est une belle façon de découvrir le roman d'Émile Zola.

 


Les couvertures des 2 albums - © Casterman 2020.

 

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