Casterman : Le dernier assaut, Canardo T24

/ Critique - écrit par plienard, le 12/10/2016

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Le point commun entre le nouvel album de Tardi et celui de Benoit Sokal ? le cynisme !

Le dernier assaut – note : 8/10

Si on pensait que Jacques Tardi nous avait tout dit avec Putain de guerre, il semble que non et il nous gratifie d’une dernière salve de son cri contre la bêtise humaine avec Le Dernier assaut chez son éditeur Casterman. Un nouveau pamphlet sur les horreurs de la première guerre mondiale avec quelque chose de plus cependant : un CD de Dominique Grange, sa compagne, et accompagné par le groupe Accordzéâm. Un côté vieille chanson française, aux textes forts de Dominique Grange, mais aussi des textes d’anonymes de l’armée pour nous plonger un peu plus dans la tragédie.


©Casterman édition 2016.

Le brancardier Augustin vient ramasser les survivants avec son ami Sauvageon sur les champs de bataille. Lorsqu’ils sont surpris par des tirs de shrapnells. Sauvageon y laisse la vie, mais le corps qu’ils transportaient, jusqu’ici silencieux, se met à hurler comme une sirène. Il va rameuter les boches, ce con ! Et Augustin va y passer ! Alors, dans un fol élan de survie, il l’étrangle. Et ce n’est pas le capitaine mourant qui va pouvoir le dénoncer. Ce « salopard » va crever quelques instants après. Voilà Augustin, seul, avec sa faute, à errer sur le champ de bataille à la rencontre des pauvres gusses dans son genre, de toutes nationalités. Le constat est cruel : la guerre est dégueulasse.

L’œuvre de Jacques Tardi sur la guerre se complète de ce nouvel album, grave et sans concession. Un hommage fait aux victimes par l’auteur qui n’a pas attendu la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale pour que ce soit fait.

 

Canardo – Tome 24 : La mort aux yeux verts – note : 7/10

Comme l’indique le communiqué de presse, le nouveau Canardo est arrivé. Si l’allusion et le parallèle au beaujolais est plutôt sympathique, la série de Benoit Sokal est quand même un peu plus corsée, capiteuse et charpentée. Elle est autant, par contre, un moment de plaisir qu’on a envie de partager, ce que je veux faire avec vous.


©Casterman édition 2016.

Alors que Canardo assiste aux obsèques de son ami Garenni, la fille de ce dernier, Angela,  l’interpelle. Bien qu’il soit décédé foudroyé en pleine pêche, elle est persuadée qu’il a été assassiné. Canardo accepte de l’aider à sa manière. Mais il comprend vite que l’enquête va déranger des personnes importantes et dangereuses.

Dans ce Canardo, vous retrouverez bien sûr quelques personnages gouleyants tels ce syndicaliste qui répond au doux nom de Boulenchon rappelant un certain personnage politique français, Jean-Luc Mélenchon.  L’album est ainsi parcouru par deux récits qui se suivent avant de se rejoindre. D’un côté le problème d’intégration des migrants wallons dans le riche pays du Belgambour. Ça c’est pour la partie politique. Pour le côté policier, Canardo va se retrouver face à un dilemme : qui choisir entre une superbe tueuse à gages et une jeune policière qui cherche la vérité qui va lui être cruelle ?

Ce nouveau Canardo est noir comme on les aime avec des dialogues épicés à souhait.


Les couvertures des 2 albums - ©Casterman édition 2016.

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