Spécial FOOT : Arrêt de jeu, Tous super-héros T2

/ Critique - écrit par plienard, le 13/09/2018

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Si le sport le plus populaire au monde peut nous apporter les plus belles des joies, il peut transmettre quelques valeurs humaines importantes. Il est aussi en proie à quelques errements qui offrent l'occasion d'un bon polar.

Arrêt de jeu - note : 7/10

La bande dessinée dont il est question est sortie quelques jours avant le démarrage de la sacro-sainte coupe du monde de football en Russie. Un album qui est peut-être passer un peu trop inaperçu compte-tenu des idées qu'il véhicule.

Si les auteurs ne s'en prennent pas trop aux joueurs (quoique …), les instances du football et toute la population qui tourne autour en prennent pour leur grade. Alors, Arrêt de jeu, propos acerbes d'anti-football, ou mise en lumière d'un monde pas si beau que cela ?


© Casterman 2018.

 Lucas Dilucca est la star montante du PCFC (Paris Capitale Football club). L'avant-centre joue au sein d'une des meilleures équipes du pays et son avenir semble doré. Sérieux, appliqué, il a compris que pour réussir dans le football, il fallait savoir faire abstraction des paillettes et se focaliser sur le principal : le terrain, le jeu, l'entrainement. Cela ne l'empêche pas d'assumer les sollicitudes que son statut de star lui imposent. Bref, Lucas Dilucca est l'archétype du parfait footballeur, qui en a dans les pieds et dans la tête. Il a bien les pieds sur le gazon, mais est-il assez fort pour affronter ce qu'il va se passer ?

Le scénariste du Tueur fait une petite diversion vers le monde du football, même s'il est toujours question de balle me direz-vous. L'univers n'est pas moins pourri que celui des tueurs à gages, et ne semble pas moins violent. Mais le personnage principal a quelque chose de sympathique qui nous fait dire qu'il ne peut pas être totalement réel. Un footballeur avec autant d'esprit et de justesse d'analyse, cela force à l'admiration. On n'a pas vraiment l'habitude. Outre cette petite incongruité - mais qui fait tout le sel de l'album - ce polar est assez prenant. Les personnages sont bien campés, crédibles et on se laisse prendre par l'intrigue.

 

Tous super-héros - Tome 2: La coupe de tout le monde - note : 7/10

Quelques semaines avant la victoire de l'équipe de France de football à la coupe du monde en Russie, Lilian Thuram (déjà champion du monde depuis 20 ans ! ) revenait avec un second tome de sa série Tous super-héros chez Delcourt.

Le footballeur est largement investit dans la lutte contre le racisme - il a créé la Fondation Lilian Thuram-Education contre le racisme - et au travers de cette série milite pour le respect de l'égalité entre les hommes.


© Delcourt 2018.

 Ici, le village des super-héros accueille des familles de migrants et cela ne fait pas forcément plaisir à tout le monde. La municipalité va alors organiser un match de football avec les enfants de l'école et les nouveaux arrivants. L'occasion de montrer qu'un match de foot peut abolir les frontières et les différences, qu'il peut permettre de rapprocher les gens de différente provenance.

Difficile de croire qu'un simple match de foot puisse réunir des gens différents et qui, quelque part, se craignent. Et pourtant, souvenons-nous, il y a 20 ans (pour ceux qui y étaient). Le formidable élan de fraternité né de la victoire de l'équipe de France, labellisée à l'époque "Black Blanc Beur". Il convient donc de prendre cette bande dessinée avec sérieux car elle montre avec simplicité la difficulté d'être nouveau, d'arriver dans une école (un pays) et de ne rien en connaître, mais aussi de la richesse que cette nouveauté peut apporter.

On pourrait croire que cette BD soit un peu lénifiante, pleine de bons sentiments, sans recherche et sans saveurs. Ce serait se tromper de beaucoup. Elle est à offrir à tout nos enfants, qu'ils aiment le foot ou pas, et aux grands pour leur ré-apprendre certaines valeurs simples.

 


Les couvertures des 2 albums - © Casterman © Delcourt 2018DR.

 

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