Bamboo - Grand Angle : Jean de Florette, L'île aux remords

/ Critique - écrit par plienard, le 13/10/2017

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L'île aux remords - note : 7/10

D'importantes averses sont en train d'inonder le pays cévenol. Le médecin Poujol se rappelle alors qu'un vieil homme est coincé dans les montagnes. Malgré les recommandations de la gendarmerie, il part le rejoindre à ses risques et périls. Les voilà tous les deux, coincés par l'eau comme sur une île déserte. C'est l'occasion pour ces deux hommes de se dire la vérité, eux qui ne s'étaient pas revus depuis 25 ans.


© Bamboo - Grand Angle 2017.

 Les auteurs de Facteur pour femme - Didier Quella-Guyot et Sébastien Moria - reviennent avec un nouvel album, très original, aux éditions Bamboo-Grand Angle. Une originalité qui tient d'abord dans l'album découpé en chapitre, contenant à chaque fois son lot de révélations. C'est qu'il s'en est passé des choses, depuis 25 ans ! Les deux hommes, coincés sur cette île insolite, vont s'avouer bien des choses. Et si on croit d'abord à une relation père-fils, on va peu à peu comprendre que la réalité est toute autre.

Poujol va ainsi aller de surprise en surprise et il va devoir affronter pas mal de contradictions avec ses valeurs. Quant à son père, il va découvrir qui est réellement son "fils", et le portrait n'est pas aussi reluisant qu'on aurait pu le croire.

L'autre originalité du livre tient dans les sujets abordés. Ici, il sera notamment question des relations homme-femme avant la première guerre mondiale, de la colonisation et surtout des bagnes comme celui moins connu de Poulo Condor (en Indochine).

Si cela manque un peu d'approfondissement - on passe d'un sujet à un autre, d'un bagne à un autre - l'album ne fait pas l'économie des rebondissements à tout va. Peut-être un peu trop. Les deux personnages ont quelques casseroles, ce qui les rend assurément humains mais pas toujours sympathiques. Le fils Poujol, par exemple, dégage quelques relents colonialistes plutôt détestables, et n'exprime aucun remords. Pourtant le duo fini par nous être sympathique et on est satisfait de leur réconciliation

 

Jean de Florette - Tome 1 : première partie - note : 8,5/10

Les éditions Bamboo-Grand Angle permettent de découvrir l'oeuvre de l'immense auteur Marcel Pagnol. Sur une initiative de son petit-fils, Nicolas Pagnol, et avec la collaboration des auteurs Serge Scotto et Éric Stoffel, le défi s'annonce ambitieux et on peut affirmer que c'est une réussite avec un septième titre qui voit le jour.


© Bamboo - Grand Angle 2017.

 Après La gloire de mon père, Le château de ma mère, Merlusse, Topaze (deux tomes) et Jazz, c'est maintenant Jean de Florette qui est ici adapté avec un premier tome (sur deux prévus).

Le papet projette de racheter le terrain du voisin Pique-Bouffigue avec une idée derrière la tête, permettre à Ugolin de faire sa culture d'oeillets grâce à la source présente sur le terrain mais que tout le monde à oublier. Les deux complices profitent de la mort de leur voisin pour dévaloriser le terrain aux yeux de tous et d'en tirer un bon prix (à la baisse). Mais rien ne se passe comme prévu et malgré leurs manigances, l'héritier Jean Cadoret compte bien profiter de la maison et du terrain pour chèager de vie grâce à ses projets personnels.

Un classique de l'oeuvre de Pagnol, immmortalisé notamment par le cinéma, mais dont l'album ici redonne un éclairage nouveau sur les romans. On retrouve cette ironie des situations où celui qui prend les gens pour des imbéciles passe finalement pour l'imbécile. Une malice qui se retourne contre eux avec drôlerie.


Les couvertures des 2 albums -© Bamboo - Grand Angle 2017.

 

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