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8/10Astaroth et Bernadette

/ Critique - écrit par Maixent, le 01/04/2018
Notre verdict : 8/10 - Le diable dans le corps (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Une demoiselle inspirée par le démon.

Tout commence en 1569 en Italie, le temps des grandes inventions, des découvertes fabuleuses, de Christophe Colomb, de Léonard de Vinci, mais aussi un temps de paysannerie et de lubricité débridée où un démon facétieux du nom d'Astaroth n'a de cesse de taquiner la naïve Bernadette et de la pousser au vice.


Punition ou récompense? 

 

A l'instar de Pinocchia, Bernadette est sous la garde de son papa, Menocchio et tout comme son homologue, ne cesse de faire tourner le pauvre vieil homme en bourrique, celui-ci tentant désespérément de préserver la vertu de sa fille alors que celle-ci ne songe qu'à dériver du droit chemin. Caution comique du récit, ce père dépassé ne peut lutter contre Astaroth qui souffle à l'oreille de la donzelle des idées perverses et débridées et, lorsque cela ne suffit pas, se glisse entre ses jupes, se servant de son long nez pour l'exciter.

Le récit commence donc sur une scène du quotidien, Bernadette préparant la soupe pour son dîner. Mais très vite le récit bascule, on se rend compte en effet qu'à l'instar de la secrétaire servant Mr. E. Edward Gray, elle effectue sa tâche malgré une barre d’écartement. Excitée par le petit démon, elle tente alors de calmer ses ardeurs en profitant du lourd sommeil et du sexe non moins lourd de son demi-frère qu'elle s'enfile sans retenue sous le regard de gueux venant à passer par hasard, ce qui conduit à un petit gang bang impromptu dans la forêt, interrompu par Menocchio qui se charge de la punition à coups de fouets, ce qui ne semble pas très efficace pour calmer la belle. Nous ne sommes ici qu'à la page douze mais cela va en s'amplifiant, Bernadette cédant à son démon jusqu'à son bannissement, confiée à un riche seigneur, pour, on lui souhaite, de nouvelles aventures.

On se retrouve dans la tradition du récit du moyen-âge, à rapprocher de Boccacio ou Rabelais dans tout ce que cela peut avoir d’exagéré et d'emphatique, avec toujours une sorte de comédie de mœurs qui se dessine en arrière plan. Ici, bien sûr, on est beaucoup plus tourné vers l'aspect érotique (bien que l’œuvre de Rabelais n'en soit pas exempt, loin de là). Un récit d'ailleurs très bien mené, à la fois excitant et construit, avec un rythme haletant qui suit les orgasmes à répétition de la péronnelle, victime de ses sens.
Bernadette libérée

 

Le tout est très bien servi par un dessin façon sépia de qualité. Les personnages sont très expressifs, les arrondis bien amenés, les plans originaux. Il est même regrettable qu'il s'agisse d'un petit format, certaines cases auraient mérité d'être mieux mises en valeur. D'autant qu'il y a de très bonnes idées graphiques dans des scènes proches du BDSM, par exemple lorsque Bernadette va à confesse et doit donc faire pénitence, tenant des bougies allumées, les bras en croix avant de demander pardon à genoux... 

Au final ce récit pornographique est très réussi et complet malgré une couverture peu aguichante. Il ne faut surtout pas s'arrêter là car Astaroth et Bernadette nous emmènent tous deux sans retenue dans un univers lubrique sans limites mais toujours avec un trait d'humour et une réelle qualité à la fois graphique et scénaristique.

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