8/10Batman - 2008 - Joker

/ Critique - écrit par riffhifi, le 27/07/2009
Notre verdict : 8/10 - Affreux Jojoker (Ecrivez votre critique)

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Le scénariste de la série 100 bullets livre sa vision du Joker. Impossible de ne pas voir Heath Ledger dans le personnage gravement atteint qui se déchaîne au fil des pages...

En 2005, le scénariste Brian Azzarello et le dessinateur Lee Bermejo consacraient une mini-série de cinq épisodes à Lex Luthor, l'éternel ennemi de Superman. Sous-titrée « Man of Steel », elle rencontra un beau succès qui incita DC Comics à demander au duo un équivalent dédié au cauchemar de Batman : le Joker. D'abord sous-titrée, en toute logique, The Dark Knight, la mini-série sera finalement intitulée plus sobrement Joker, afin de ne pas être confondue avec le film de Christopher Nolan qui était en train de sortir. Bien que les auteurs ne le revendiquent pas
explicitement, il ne fait pas trop de doute que le Joker incarné par Heath Ledger à l'écran ait eu une influence majeure sur celui qu'ils dépeignent ici...

Volontaire pour aller chercher le Joker à sa sortie de l'asile Arkham, Jonny Frost espère bien profiter du charisme du bandit pour se faire son propre nom dans son sillage. Le clown criminel, de son côté, est parti pour récupérer son empire de la façon la plus sanglante possible... Si Azzarello est connu des aficionados du comic book pour la série multi-récompensée 100 Bullets, qu'il délaissait temporairement pour scénariser ce Joker,  Bermejo pour sa part sortait d'un passage sur Massacre à la tronçonneuse... Rien d'étonnant à ce que le résultat soit aussi subtilement écrit que visuellement glauque. Le personnage-titre, sans conteste, est à l'image de celui du film de l'an dernier : vêtu du même manteau long, il arbore lui aussi deux larges cicatrices qui forment un sourire malsain sur son visage en toutes circonstances. Niveau comportement, pas de différence non plus : le mec est un psychopathe meurtrier, secoué de pulsions vaguement autodestructrices. Si Lex Luthor était raconté à la première personne, Joker en revanche est vu par les yeux du dénommé Jonny Frost : fasciné par celui qu'il considère comme un mentor, il ne découvre que progressivement l'étendue de sa folie et l'impossibilité de la faire rentrer dans un schéma reproductible.

Batman reste globalement absent du récit, mais plusieurs vilains classiques y
apparaissent sous une forme "rénovée" qui s'inscrit dans la démarche des deux films de Nolan : Killer Croc est un grand black à la peau à peine écailleuse (et aux habitudes tellement carnivores qu'on les présume anthropophages), le Pingouin un petit bonhomme plutôt laid et le Riddler une sorte de super-dealer excentrique avec un joli tatouage au nombril.

A peu de choses près, Joker pourrait être une suite de The Dark Knight, axée exclusivement sur les méfaits du criminel et l'exploration de son fonctionnement chaotique. Le récit peut paraître assez gratuit, dans sa violence comme dans sa présentation des personnages attendus (Harley Quinn en stripteaseuse), mais la maîtrise de la narration comme le graphisme réaliste et léché font de l'album une plongée de grande qualité dans le côté le plus obscur de Gotham. A ranger sur la même étagère que cet autre incontournable appelé The Killing Joke.

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