8/10Batman - 1991 - Batman & Dracula : Pluie de sang

/ Critique - écrit par riffhifi, le 12/07/2008
Notre verdict : 8/10 - Si t’es chauve, souris (Ecrivez votre critique)

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Il pleut rouge à Gotham City, et les chauves-souris sont de sortie. Les bonnes et les mauvaises. La confrontation était inévitable entre le Dark Knight et le Prince des Ténèbres, et les fans de gothisme stylé y trouveront leur compte.

Vampire : 1. Mort qui, selon une superstition populaire, sortirait du tombeau pour sucer le sang des vivants. 2. Personne qui s'enrichit du travail d'autrui 3. Chauve-souris d'Amérique tropicale, en général insectivore, mais pouvant mordre des mammifères endormis et absorber leur sang.

Panini propose ce mois-ci en hardcover une traduction de la mini-série Red rain de Doug Moench et Kelley Jones, datée de 1991. Pour ceux qui n'aiment pas l'été, l'album est une parfaite opportunité de se nimber d'une délicieuse obscurité, en savourant un récit prévisible mais incontestablement stylé, qui oppose l'homme chauve-souris à son alter-ego maléfique. Un concept encore plus fort que Man-Bat.


Alors que Gotham City connaît d'inquiétantes pluies rouges dues à la pollution atmosphérique, plusieurs morts suspectes laissent apparaître des gorges déchirées selon une double trace. Le prince des ténèbres transylvaniennes est en ville, et il veut se prendre une cuite au sang... mais Batman ne l'entend pas de cette oreille ! Et savoir que les vampires n'existent pas ne l'empêcheront pas pour autant de les accompagner au pieu...

Pluie de sang est le type d'album où le lecteur est supposé être d'emblée en pleine possession des outils de base pour comprendre l'univers : Batman et ses personnages périphériques (le commissaire Gordon, Alfred) sont présumés connus, ainsi que Dracula et l'ensemble du décorum lié aux vampires. Par acquis de conscience, un résumé en deux cases est fourni aux étourdis : « ils peuvent se changer en chauves-souris, en brume, en loups... et on ne peut les arrêter qu'avec de l'argent, la croix, la lumière du jour, la décapitation... et le pieu de chêne dans le cœur reste une valeur sûre, bien entendu. » Partant de là, le trip « Batman contre les vampires » joue à fond sur le graphisme chargé en ombres de Kelley Jones, déformant sans complexe la silhouette du héros masqué, et faisant de lui un monstre émacié aux oreilles disproportionnées (on parle du costume, bien entendu, ne vous attendez pas à une
version Dumbo de Bruce Wayne) qui se déplace dans une Batmobile relookée en pot de yaourt comme celle de Oui-Oui. Autour de lui, le sang est noir, la pluie est rouge, et le jour cède progressivement la place à la nuit, jusqu'à l'horreur des dernières pages, qui ne sont pas sans évoquer celles (attention, terrain sacré) du Dark Knight returns de Frank Miller. En termes d'ambiance et de dessins, il faudrait vraiment être fine bouche pour ne pas se sentir transporté en plein terrain gothique. Tout juste reprochera-t-on un certain manque de distinction à Alfred, mais le pauvre vieux ne peut pas rester en permanence raide comme la justice.

Malgré un final assez radical, deux suites virent le jour sous l'égide du même duo : Bloodstorm et Crimson Mist. On espère bien les retrouver très bientôt chez Panini, afin de se baigner à nouveau dans cet univers parallèle bien noir.

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