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8.5/10Banana Games - Tome 3 - Tequila frappée

/ Critique - écrit par Maixent, le 13/09/2014
Notre verdict : 8.5/10 - On the highway to hell (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Quand Tarantino fait du porno

Les Banana games se poursuivent et ne sont pas prêt de s’arrêter. Construits comme un road movie-movie endiablé et sans fin, ils nous propulsent dans un univers glauque de rednecks sans foi ni loi, happant le lecteur dans un pandémonium digne d’une Nuit en enfer, les vampires en moins, la pornographie en plus.


De l'argent rapide, mais pas facile
Suite directe de Chicago Balls, Tequila frappée poursuit les aventures de Simone et Alex. Le précédent tome s’arrêtait sur l’incarcération d’Alex qui, lors de jeux SM un peu trop hard ne se rendait pas compte que sa cliente s’étouffait. Cette dernière, sénatrice de surcroit, ne s’en remettra pas et on retrouve donc la jeune transsexuelle en prison, enfermée derrière les barreaux avec des « collègues » de travail. Ces dernières, bien décidées à lui faire payer sa concurrence déloyale, dûe au fait qu’elle soit à la fois homme et femme vont la torturer et l’humilier sous l’œil indifférent de la police. L’album s’ouvre donc sur une scène de violence insoutenable, Alex se faisant violer à deux mains dans un double-fist tellement réaliste qu’il en fait mal tandis que des flots d’urines se déversent sur son visage, la rabaissant encore et toujours. S’enfuyant du commissariat avant que ça ne tourne plus mal encore, elle recherche de l’argent rapidement gagné quitte à souffrir encore un peu et finit par tomber sur l’impressionnante Simone, son fantasme absolu, qui devient alors sa compagne de fuite. Mais malgré leur amour improbable et naissant qui semble indestructible, elles ont su se créer beaucoup d’ennemis qui finiront par les rattraper et cette True romance n’est pas une belle histoire.

Toujours aussi réaliste malgré des traits physiques qui le sont moins (le bonnet
True Romance
triple Z de Simone en étant l’illustration la plus flagrante), le trait de Zanier fait ressortir toutes les noirceurs du monde et cet aspect glauque et poisseux qui transpire de ses personnages. Il est toujours regrettable qu’il utilise des photos mal photoshopées pour certains décors, ce qui confère à l’album un aspect roman-photo de bas étage. Mais pour le reste, son style retravaillé à l’ordinateur fait son effet avec une luminosité particulière faisant ressortir les chairs et conférant à l’ensemble une iridescence surprenante qui captive le lecteur. Il faut dire aussi que la violence des corps, la crudité des scènes et le choix des cadrages y est pour beaucoup. Au fur et à mesure des albums, Zanier se lâche de plus en plus, s’amusant dans la démesure. Sur beaucoup de bandes dessinées érotique ou pornographique on peut dire que pas une page n’est exempte de scènes de sexe, ici, rares sont les pages sans une double sodomie ou un viol collectif.

Mélange entre Thelma et Louise et Boulevard de la mort sous héroïne, Banana Games entraine le lecteur dans une spirale de violence de laquelle il ne peut sortir indemne. L’excitation malsaine qui s’en dégage frappe en plein visage et on se surprend à bloquer sur certaines cases, fasciné par une violence attirante.

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