7.5/10Bakemono - Tome 1 - Le serment du Tengu

/ Critique - écrit , le 30/09/2006
Notre verdict : 7.5/10 - Banzaï ! (Ecrivez votre critique)

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Une bande dessinée bien sympathique à découvrir et qui éveillera une certaine curiosité sur ce que nous réservent les prochains épisodes.

Après Wisher, Le Lombard embellit la vitrine de sa toute nouvelle collection Portail avec Bakemono de Jean-Luc Sala. Ne dites surtout pas que Bakemono est à tendance héroïc fantaisy *trop démodé*. Chez Lombard, on préfère révolutionner les expressions en étant plus en phase avec l'univers abordé et loin des clichés conventionnels. Wisher baigne dans "l'Urban fantasy", Bakemono s'envole vers des horizons plus lointains : "l'Oriental fantasy". Quelles différences me direz vous entre tous ces termes à connotation étrangement familière ? Pas grand chose ... Là où Arleston se plait à sortir des intrigues situées dans un paysage médiéval bien franchouillard, Sala s'amuse à édifier son histoires dans une époque moyen-âgeuse au coeur du pays du Soleil Levant. Un fossé colossal donc, mais comblé par le même ciment. De quoi ne pas secouer la digestion d'une clientèle habituée. *Ouf ....*

Bakemono, Copyright Le Lombard C'est dans un Japon tourmenté et exhumé d'un autre temps que débute l'aventure asiatique. Okura, L'empereur Blanc des royaumes unifiés de Yin et de Wa, galope jusqu'au palais du roi Noir. Sa femme l'impératrice ayant été sauvagement assassinée par un Ninja appartenant au sombre monarque. Okura demande un duel à mort contre le régent, comme le permettait autrefois le code d'honneur. Mais lorsque l'imposant portail s'ouvre, l'Empereur fait face à une terrible bête légendaire qui le blesse mortellement. Le Tengu, un guerrier mi humain/mi démon bannit du royaume céleste, apparaît pourtant soudainement et lui évite une fin atroce en abattant la bête. Avant de rendre son dernier souffle, Okura fait jurer serment au samouraï. Quoiqu'il arrive, il devra restaurer la dynastie blanche maudite jadis, lorsqu'il avait pactisé avec l'esprit malin pour repousser l'ennemi des frontières. Suite à cette tragédie, le Tengu délaisse la vie d'ermite qu'il avait adopté après avoir été déchu des dieux. Il galope à la rencontre des héritiers cachés d'Okura, dissimulé par lui même bien des années plus tôt, dans différents établissements du pays. Ensembles, ils devront rétablir l'équilibre de la balance tourmentant les divinités.


Vous l'aurez compris, nous avons ici affaire à un concept innovant... uniquement sur la forme. Outre l'étude de la couverture qui n'a rien à envier à son aîné Wisher, Bakemono empreinte les codes narratifs classiques agrémentés d'une vision manichéenne typique à l'héroïc fantasy, quelque soit sa variante. Jean-Luc Sala permet à un large lectorat de découvrir plus facilement les créatures sorties tout droit des contes et légendes nippones. Ainsi, le Tengu et autres être mystiques sont bien issues de ces mythologies plus ou moins connues du grand public. Divisé en différents chapitres, le récit est agréable à lire. L'auteur parvient à bien gérer la décomposition de l'action, que ce soit les combats proprement dit ou la problématique de l'intrigue en général. Visuellement, Sala lui même supervise le travail. Son coup de crayon est plutôt efficace par son dynamisme et nous met immédiatement à l'aise dans son univers oriental. Son dessin ne reprend pas exactement le graphisme asiatique pour mettre plus en avant un aspect propre à l'héroïc fantasy. Sa coloration fait via un logiciel graphique donne des résultat ambivalents. Autant nous aurons une bonne gestion de la couleur, avec des détails au niveau du décors de fond, autant nous nous retrouverons avec des cases où seuls deux tons aérographés viendront instaurer grossièrement l'atmosphère, notamment lors des scènes de combats (page 27). A ce propos, il faut noter que la mise en place de ces chorégraphies censées animer l'action obtient des résultats variables. Par exemple, toujours à la page 27, vous verrez un des protagonistes principaux sauter de nulle part pour attaquer son maître, figé par son absence de trait de mouvements. Le découpage demeure efficace malgré tout et nous fait oublier ces petits inconvénients rapidement.


Jean-Luc Sala nous présente un ouvrage où le déroulement des faits rafraîchira les adeptes du genre en grande partie grâce au mouvement géographique. Une bande dessinée bien sympathique à découvrir et qui éveillera une certaine curiosité sur ce que nous réservent les prochains épisodes.

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