4/10Aquablue - Tomes 8 et 9

/ Critique - écrit par iscarioth, le 22/11/2006
Notre verdict : 4/10 - R.I.P. Nao (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

Critique du troisième cycle (tomes 8 et 9) : Nao est une véritable caricature, un bien pauvre Captain Planet naïf. Aquablue sombre dans le manichéisme le plus insupportable.

Aquablue, une série BD SF légendaire, née sous la plume de Cailleteau et le pinceau de Vatine, en 1989. On a pu distinguer plusieurs cycles, correspondant à plusieurs échelles de qualité. Le premier cycle, composé des tomes 1 à 5, entre 1989 et 1998, de très haute volée malgré un dernier album expédié et qui voit la disparition de l'un des pères fondateurs, Vatine. Le second cycle, qui amorce un déclin, avec notamment un dessin métamorphosé et une série qui résiste de moins en moins aux sirènes de l'entertainment. Et puis, ce troisième cycle, composé de deux albums, Fondation Aquablue, paru en 2001 et Le totem des Cynos, sorti en 2002.

Qu'il est beau notre Nao !

aquablue8v_250.
Fondation Aquablue ou "Nao, l'ami
gentil des animaux".
Un premier cycle en cinq albums, un second puis un troisième en deux. Aquablue semble avoir définitivement adopté la très linéaire structuration en diptyque. Fondation Aquablue s'introduit sur une scène scientifique, nous expliquant l'existence d'un trou noir, et d'une planète à proximité prête à se faire engloutir. Les quinze premières pages de cet album annoncent toute l'essence de l'histoire qui nous sera contée sur l'ensemble des deux albums. Après cette scène introductive, donc, entre en scène Nao, notre super héros, plus aryanisé que jamais. En costard, le jeune blond bodybuildé fait face à une assemblée de subordonnés véreux.
"Communication", "marketing", "actionnaires", sont autant de vilains mots qui sont utilisés comme des armes dans la bouche d'individus aux mines renfrognés, fermées, symbolisant le capitalisme sauvage. Bien évidemment, Nao réplique face à cette assemblée de charognards avec un charisme ostentatoire et bien huilé. Nao est devenu la caricature de l'aventurier droit, alliant le bodybuilding épilé, l'intelligence et l'élégance. La mécanique présentée est ultra classique :

  1. Exposition de la problématique par une vulgarisation scientifique
  2. Fixation du héros dans toute sa superbe
  3. Présentation des ennemis, entrée en scène de méchants chasseurs

Les personnages présentés, tout le monde a bien repéré qui sont les gentils défenseurs de l'humanisme et de la nature et qui sont les horribles braconniers machiavéliques, destructeurs par essence. Tout est bien quadrillé, on ne peut perdre personne en route, les péripéties peuvent s'enclencher.

Captain Planet !

aquablue9v_250.
Le totem des Cynos
ou "Nao,
tolérant jusqu'à la pointe
des pectoraux"
Nao, notre super héros écolo et viril nous montre avec beaucoup de pathos et de didactisme que tuer par plaisir, c'est maaaaal. Les seconds rôles perdent encore en consistance, soutenus dans leur imagerie bouffonne ou leur fonction de faire-valoir. Cybot fait la police, Carlo et Rabah incarnent les frères la débrouille... La planète à protéger est peuplée de dinosaures, ce qui permet de jolies scènes d'action à la Jurassic Park. La planète, identique à la Terre il y a plusieurs millions d'années, est la cible de chasseurs, qui y découvrent accidentellement une tribu de primitifs, doués d'intelligence. Dans la conception de cette espèce, les auteurs ne sont pas allés chercher bien loin. Leur physique est ridicule, un espèce de mélange entre le loup, le singe et la créature du film Predator. L'imaginaire graphique est très pauvre. Tota réitère des classiques visuels rabâchés dans la représentation des vaisseaux spatiaux et autres machines. Pour seule qualité, on trouvera à ce troisième cycle une bonne articulation. Le rythme est bon, les scènes d'action fréquentes. Comme toute oeuvre d'entertainment pur, le troisième cycle d'Aquablue se parcourt très aisément, avec ou sans cerveau.


Nao est une véritable caricature, un bien pauvre Captain Planet naïf. Aquablue sombre dans le manichéisme le plus insupportable. Le final explicatif repompé sur la Planète des singes (explication de l'évolution d'un peuple primitif) et le final "photo de famille bouffonne" finissent de nous achever. R.I.P Nao.

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