3.5/10Antoine Sèvres - Tome 1 - Abyssus abyssum invocat

/ Critique - écrit par iscarioth, le 27/08/2005
Notre verdict : 3.5/10 - Au nom de la rose ? (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 4 réactions

Antoine Sèvres est difficilement abordable pour la bonne et simple raison qu'il est techniquement défaillant. Souffrant d'une très mauvaise lisibilité, d'un gros manque de clarté dans le récit, l'album inaugure assez mal la nouvelle collection des Humanos, Dédales.

Moine dominicain itinérant, Antoine Sèvres revient de captivité de chez les Maures. Il retrouve son statut de moine inquisiteur. Il fait route avec un convoi qui traverse la France et est attaqué une nuit par deux bandits. Le soldat Robert tue l'un des deux agresseurs et est lui-même assassiné le lendemain...

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« Le polar historique en bande dessinée ». Voilà ce que l'on peut lire au dos de l'album. Un moine qui enquête sur une sombre histoire de meurtre, au coeur d'une France du passé représentée comme non moins sombre... On pense beaucoup au fameux film de Jean-Jacques Annaud, Le nom de la rose. On y pense, mais seulement à la lecture du synopsis de l'album. En parcourant les pages du premier tome d'Antoine Sèvres, ce n'est certainement pas au chef d'oeuvre du réalisateur français que notre esprit fait référence...

Abyssus abyssum invocat est un échec scénaristique et surtout technique. De multiples défauts font que l'album est très difficile à pénétrer. Le découpage est très maladroit. Lors des scènes d'action, les plans s'enchaînent sans aucune fluidité, le lecteur ne saisit pas l'action, il doit chercher à la comprendre. Les dialogues sont très mal exposés. Il y a une grande récurrence des vignettes avec des plans de groupe larges et des bulles multiples. La lisibilité est donc très mauvaise, le lecteur cherchant souvent à recomposer le puzzle des discussions et à mettre un nom sur des visages souvent peu distincts car forts éloignés. Ce découpage très mal exécuté ralentit très grandement la abyssum02_250
compréhension du récit. En plus de cela, les dialogues, déjà mal mis en scènes, souffrent d'un grand manque de réalisme. On discute au 16ème siècle souvent presque comme on le fait aujourd'hui. La France de François Ier sonne creux, n'a rien à nous apprendre (Laurent Rullier est pourtant historien de formation). Le dessin est lui aussi d'une très mauvaise qualité. On a souvent l'impression de lire un album dont les vignettes sont en fait des captures d'écran de dessin animé : les couleurs flashent et forment un aplat uniforme. Les personnages et décors ne nous sautent pas aux yeux, il faut faire un effort pour distinguer, voire "séparer" les éléments de chaque vignette. Cerise sur le gâteau, le lettrage et la mise en bulle, informatisés, s'incrustent de la façon la plus désagréable qui soit à des vignettes déjà difficilement lisibles.


Antoine Sèvres est difficilement abordable pour la bonne et simple raison qu'il est techniquement défaillant. Souffrant d'une très mauvaise lisibilité, d'un gros manque de clarté dans le récit, l'album inaugure assez mal la nouvelle collection des Humanos, Dédales.

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