5/10Antichristus - Tome 1 - Bon vouloir et loyauté

/ Critique - écrit par athanagor, le 10/06/2009
Notre verdict : 5/10 - Le corse du Christ (Ecrivez votre critique)

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BD étrangement machinée et au dessin improbable, Antichristus mélange l'ésotérique vatican à l'ambiance des romans de pirates romanesques. A ça d'y parvenir, ça se vautre quand même un peu.

18 mai 1291 : ça barde au pied des remparts de la ville de Saint-Jean d'Acre. Dans quelques minutes, des cohortes de Mamelouks sans-papiers vont déferler sur les remparts et les croisés pour s'emparer de la ville. Dans ce tumulte sauvage et
 désespéré, Jean de Villiers, grand maître de l'ordre de l'Hospital, fait sceller dans les tréfonds de la ville le dernier trésor de la chrétienté, le seul qu'il ne soit pas parvenu à faire évacuer. 507 ans plus tard, les hospitaliers continuent leur mission au service de la chrétienté, et un de ses membres, le Chevalier Achard De Bonvouloir, beau gosse parmi les tombeurs, a pour mission de rejoindre l'île de Malte pour tenter d'empêcher la reddition de ce bastion hospitalier aux mains de Bonaparte, que d'aucun surnomment l'Antéchrist (Ahh !... d'accord !...). Malheureusement, le petit caporal est plus difficile à contrer que ça. Fin politique et habile stratège il s'empare de l'île avec facilité. Mais pourquoi a-t-il cherché à s'approprier ce bout de terre dont la neutralité ne lui aurait opposé aucune résistance diplomatiquement parlant ? Bien vite, De Bonvouloir qui, en plus de sentir le sable chaud, a un QI défiant toute concurrence, va faire le lien entre les conquêtes de Bonaparte et le trésor que dissimule son ordre, dans les profondeurs de Saint-Jean d'Acre.

Pour une fois, ce ne sont pas des nazis qui tentent de faire main basse sur un trésor Napoléon 1
Napoléon 1
de l'église. Mais vu le caractère du petit caporal et considérant ses motivations comme elles sont exposées ici, on aurait aussi bien pu lui donner le nom du sinistre chancelier. Ceci dit, la tentative est faite de poser une aventure dans cette époque particulière et de proposer un « scénario caché » au chemin conquérant de Bonaparte, filant de Malte en Egypte, pour servir une histoire ésotérique sur fond de trésor chrétien. En l'espèce, les enchaînements sont souples et l'aventure se développe d'une façon compréhensible, malgré l'énervement incessant que suscite le blondinet musclé et fantasmé choisi pour incarner le héros de l'aventure. N'était l'outrance positive de ce personnage, on se retrouverait avec une histoire construite sur du secret, de la politique, de la guerre et de la flibuste. Bref un condensé de trucs passablement sympatoches pour faire une histoire rigolote. Sans opter pour la déclaration d'une émanation de grand talent, on se situerait dans la veine d'Angélique Marquise des Anges, avec tous les ingrédients qui en font une série plaisante, et en plus, un peu du mystère divin.

Bizarrement, tout le système de communication qui entoure l'ouvrage joue sur un côté fantastique, en demandant si Bonaparte n'a pas signé avec le diable et tremblez bourgeois. Mais hormis le sérieux de la couverture, destinée à faire peuNapoléon 1.1
Napoléon 1.1
r aux grenouilles de bénitiers, et à la réputation « trouillomètre à zéro » de la collection Secrets du Vatican, on est quand même en présence d'une bonne demi-heure d'aventure à l'ancienne. Chouette non ?!

Bah non ! Un truc vient incessamment perturber tout le plaisir que l'on pourrait prendre à la lecture de cette aventure : le graphisme. Difficile de dire ce que le trait inspire, mais à la croisée entre Les tuniques bleues et Alix, sans en avoir la mobilité, on a un peu de mal à suivre sereinement l'histoire. Vladimir Aleksic a un trait bizarre qui change de profondeur et d'intention, non seulement d'une case à l'autre, mais aussi perpétuellement au fil de l'album. Là où les premières apparitions de Bonaparte nous replongent directement dans les représentations que l'on peut avoir de lui dans sa jeunesse, ses dernières laissent planer un doute sur l'identité du personnage dessiné. On a plutôt alors l'impression de voir un méchant ou un chef de clan dans Rahan, qui porte un beau costume. Bien sûr il en va de même pour tous les personnages, et ce glissement illustratif accroche l'œil bien trop fort pour ne pas se transformer en préoccupation. Bloqué par ce point on rate les quelques belles couleurs de Quaresma et le chouette début d'histoire, avec son fond un peu complexe, de Falba.

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