7.5/10Ange-Marie

/ Critique - écrit par iscarioth, le 31/05/2005
Notre verdict : 7.5/10 - Haut en couleurs (Ecrivez votre critique)

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Ange-Marie est donc un bon album. L'histoire est somme toute assez simple et légère, mais agréable à parcourir.

L'histoire

Nous sommes au lendemain de la première guerre mondiale. Dans un coin de la campagne française, un groupe de gamins découvre le corps endormi d'un jeune soldat blond.

Virtuosité graphique

ange01f01.Ange-Marie frappe tout d'abord par sa virtuosité graphique. On reconnaît bien là les performances qu'Aire Libre à l'habitude de proposer à ses lecteurs. Graphiquement, on peut ranger Ange-Marie entre Le Sursis de Gibrat et La Terre sans mal de Lepage. L'album de Stalner tient parfaitement le niveau. L'auteur, habitué à l'encrage (La croix de Cazenac , Blues 46, Le Roman de Malemort), maîtrise parfaitement les techniques de couleur directe et n'a rien à envier à un maître du genre comme Hermann. Graphiquement, Ange-Marie en impose beaucoup. Tout en restant dans la ruralité, l'album brasse un large éventail d'environnements et de couleurs. Du sol enneigé aux toits échauffés, de la chaleur estivale à la brume hivernale en passant par la verdure printanière, Stalner exploite toutes les teintes et tous les tons. On observe aussi une pluralité de lieux, tous dominés par une nature florissante et envahissante. Les personnages sont aussi très réussis, expressifs et charismatiques. La mise en cadre et le découpage, d'excellente facture, viennent accentuer l'impact de cette prouesse graphique.

De l'étrange à la romance

Le scénario est moins impressionnant. Il frappe tout d'abord par son étrangeté. On a dans un premier temps l'impression qu'il ne veut aller nulle part. Traumatisé par la guerre, le personnage principal, Ange-Marie, n'a plus tout à fait les idées en place. Le récit épouse dans un premier temps sa bizarrerie. On imagine le héros schizophrène, malade mental, incohérent dans ses décisions, avant de le comprendre durement marqué par la première guerre mondiale, comme d'ailleurs tous les personnages que l'on rencontre dans l'album. En effet, en filigrane, ce sont les cicatrices douloureuses de l'après guerre qui sont expliquées. Au fil des pages, notre album perd en étrangeté et gagne en poésie, en romantisme, même si, depuis le début, c'est d'amour qu'il s'agit. Au travers de l'amour est aussi traité un thème important, celui de l'évasion par l'art.

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Un lettrage déficient

Le lettrage de l'album laisse à désirer, et contraste avec la splendeur du graphisme. Les bulles sont intelligemment positionnées, il y a peu de chances pour que le lecteur se perde dans les dialogues. Stalner a très habilement utilisé les cases à bulles multiples. Si ces bulles sont bien tracées et positionnées, leur lettrage manque de naturel, trop informatisé, très fade, créant un grand contraste avec l'humanité qui se dégage généralement des planches. La calligraphie utilisée pour les extraits de lettre présentés en encadrés narratifs est très désagréable à l'oeil. On est souvent agacé et ralenti par le déchiffrement de ces encadrés. C'est bien l'un des seuls défauts à reprocher à Ange-Marie, un défaut qui s'estompe vite face à la qualité globale de l'oeuvre.


Ange-Marie est donc un bon album. L'histoire est somme toute assez simple et légère, mais agréable à parcourir. Encore une réussite chez Aire Libre, on y est habitué.

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