8/10Andy & Gina - tome 5 - No speed limit

/ Critique - écrit par Maixent, le 05/07/2011
Notre verdict : 8/10 - Who killed Bambi ? (Ecrivez votre critique)

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Un monde entre le merveilleux et le cauchemardesque. Un vrai conte de fée moderne pour les amateurs d'humour noir bien trash et déjanté.

Déjà un cinquième tome pour Andy et Gina qui poursuivent leurs aventures pathétiques et improbables. Véritable fable moderne avec ce que cela comporte de merveilleux et d’horrifique, le monde d’Andy et Gina combine en plus l’humour. Un humour noir et grinçant d’une modernité absolue, sans concessions, ne laissant personne indemne.

Dans le premier tome, on découvrait cette famille minable. Un père chômeur et
Cours de "danse" pour Andy
alcoolique arborant fièrement sa banane façon rockeur ringard et aussi bête que méchant. Une mère soumise et stupide, semi-pute qui au cours des albums perdra des morceaux de son corps pour n’être plus qu’une tête parlante, décharnée qui plus est après que sa famille se soit nourrie de sa peau. Et enfin, leurs enfants, fruits d’un amour alcoolique et d’une nuit d’errance, Andy, petit garçon naïf (voire niais) et efféminé et Gina, cynique accomplie malgré son jeune âge, prête à toutes les conneries et sans aucune morale.
Ici, on retrouve la petite famille qui après avoir récupéré une grosse somme d’argent (illégalement bien sûr) décide d’offrir un nouveau corps à madame qui se retrouve avec un physique de hardeuse d’Europe de l’Est et des pieds de
Donald et ses potes après le boulot
kangourou avec la complicité d’un croque-mort véreux ayant relu Frankenstein récemment.  L’argent qui reste permet d’acheter une vieille bicoque à la campagne, ce seront donc des aventures plus rurales avec une biche défoncée au crack qui gambade joyeusement et dévore son petit, une licorne volante capable de réaliser des souhaits ou encore des ratons laveurs armés. La campagne française comme on peut l’imaginer en quelque sorte avec un esprit déviant de parisien ne quittant que rarement les limites du périf’. Il faut pouvoir imaginer un croisement entre The House of 1000 corpses de Rob Zombie et Alice au Pays des Merveilles version Disney. Autant dire qu’on est dans un monde où tout est perverti et où tout peur arriver. Malgré tout cela reste cohérent d’une certaine façon même si la chute d’Andy d’un avion ne lui donne que quelques bleus, mais après tout, ce sont des toons, pas besoin de parachutes.
Le dessin reste efficace avec un traitement « pâte à modeler » permettant toutes l
Bambi et sa maman
es horreurs et faisant accepter plus facilement le fantastique tout en restant dans une relative réalité que peut facilement appréhender le lecteur. Les personnages sont facilement identifiables et leurs caractéristiques phrénologiques sont évidentes sans être grossières. Qui plus est, la mise en couleur est particulièrement réussie
Véritable chantre du nihilisme punk façon bd, Relom nous plonge dans son univers à coup de matraques et sans aucune concession oubliant toutes les règles du politiquement correct pour notre plus grand plaisir. Le personnage le plus attachant est sans doute Gina, prête à toutes les exactions dont son frère est souvent la victime, trouvant normal de jouer à la roulette russe ou d’apprendre à Andy à se travestir connaissant l’homophobie de son redneck de père qui n’hésitera pas à abandonner ce dernier.
Cet album clôture la série Andy & Gina, mais on peut faire confiance à Relom pour trouver d’autres idées aussi horribles, oscillant sans cesse entre poésie et roman noir.

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