7.5/10Allegretto Deprimoso

/ Critique - écrit par Mandark, le 24/10/2009
Notre verdict : 7.5/10 - Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir (J.P. Smet) (Ecrivez votre critique)

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Signé Romain Dutreix, un album d'humour noir qui donne une toute nouvelle définition des "sections à cordes" !...

La musique adoucit les mœurs mais elle ne fait pas que ça, elle fait rire aussi, surtout quand Romain Dutreix se charge de nous narrer des strips bien barrés et pleins d’humour noir qui dézinguent avec bonheur une certaine idée du monde du "9ème art", qu’il s’agisse de la "machine à rêve Star Academy" ou de la musique classique et son décorum maniéré en passant par les sosies de stars du hit-parade et leur influence sur l'évolution de certaines peuplades indigènes.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, à aucun moment l’auteur ne cherche à balancer une vérité dans la face, mais juste à faire rire (jaune) à l’évocation des mésaventures d’un bluesman raboté petit à petit pour les besoins d’un reality-show, d’un honnête et violent père de famille keupon qui souffre dans sa chair de voir son rejeton aider les vieilles dames au lieu de les détrousser et pratiquer Jeux Interdits à la gratte sèche (avec une partition !) ou d’un yes-man ambitieux qui flaire le coup de génie dans la combine de ramener à la vie les défuntes gloires du rock'n roll depuis Elvis ; bref, des petites merveilles d’histoires méchantes et absurdes.

Johann Strauss est peut-être mort, mais c'est pas une raison pour le faire chier!
Même s'il est mort, faut pas faire chier J. Strauss !
Allegretto Deprimoso est le premier album de Romain Dutreix pour les éditions Fluide Glacial et son style graphique acéré (tout à fait dans l’esprit des comix underground des années 70) et ses textes cyniques carbonisent méchamment le monde de la musique sous toutes ses formes (jusqu’à la musique dans le métro, où on découvre que les mafias des accordéonistes roumain et des chanteurs péruviens ne tolèrent pas la moindre concurrence, surtout quand la dite concurrence se révèle être un groupe de sosies de Michael Jackson) en prenant soin au passage de bien égratigner certaines figures emblématiques de la chanson française, oh yeah !

Les 11 saynètes de l’album sont franchement hilarantes, même si certaines donnent un peu l’impression de terminer par un plat, et de toute façon une fois la BD refermée on se surprend à rigoler au souvenir de la musique traditionnelle japonaise sado-maso ou de la seconde carrière de Fat Boy Ugly, ex-gloire du rap de 76 ans, à la maison de retraite "la Sapinière" de Sartrouville.  

Bref pour peu qu’on kiffe l’humour bien noir qui fait rire bien jaune, Allegretto Deprimoso est un petit moment de bonheur trash, et pourvu que le père Romain en remette rapidement une couche, parce que tant qu’il y en en a des comme lui pour pisser allègrement sur le politiquement correct et les institutions convenues, un certain nombre d’entre nous continueront à s’endormir le sourire aux lèvres en rêvant à des lendemains moins cons.

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