6.5/10Alec - Tome 3 - Comment devenir artiste

/ Critique - écrit par gyzmo, le 10/09/2008
Notre verdict : 6.5/10 - Tout ça c’est la faute aux Tortues Ninja ! (Ecrivez votre critique)

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A l’occasion de la confection de Comment devenir artiste, tous les ingrédients qui ont nourri La Bande du King Canute et Graffiti Kitchen ont été ressortis du placard à tambouilles par Eddie Campbell.

Rythme nerveux de la narration, mise en scène "anti-héroïque", jet de crayon énergique, noir sur blanc, texte mûrement travaillé, autodérision, anecdotes et nonsense à l’Anglaise : à l’occasion de la confection de Comment devenir artiste, tous les ingrédients qui ont nourri La Bande du King Canute et Graffiti Kitchen ont été ressortis du placard à tambouilles par Eddie Campbell. Mais contrairement à ses précédentes incursions dans la merveilleuse décharge publique de l’intime et du fantasmagorique, cet opus - clôturant une trilogie autobiographique entamée depuis les années 80, ne parvient pas à ressusciter l’originalité et l’impertinence coutumières du dessinateur britannique. Pire encore : l’onirisme de certaines vignettes qui faisaient de Graffiti Kitchen un joli moment de lecture pleine de réflexions vivantes sur les amis, les amours et les emmerdes, cette poésie visuelle et rédactionnelle, donc, n’apparaît que trop rarement… pour ne pas dire presque jamais. Surchargé par d’innombrables références à la bande dessinée (le bouquin croule sous les copyrights des uns et des autres), par la lisibilité laborieuse de certaines planches brouillonnes (les dessins – tout petits déjà à l’origine, se font bouffer par une avalanche de mots et autres citations), ou par une approche critique par moment pointue, Comment devenir artiste s’ankylose dans d’inégales réflexions sur les relations plus ou moins souterraines entre l’Art et la BD, doublées d’observations ordinaires sur la condition d’artiste bohême ou les aléas de la réussite (acquise avec honneur, si possible). Une prise de tête pas des plus amusante, parfois piquante, intelligente et ayant le mérite de décrypter le contexte naissant du roman graphique en tant que mouvement artistique… mais au fil de laquelle le lecteur – à moins d’être un bédéphile incollable sur la bande dessinée anglo-saxonne (la seule abordée ici), a vite fait de s’y perdre.

Cerise goûteuse sur le gâteau : Comment devenir artiste – titre tout de même assez présomptueux pris au premier degré, ne lésine pas sur la distribution des bons points aux auteurs de graphic novel qui ont marqué ce tournant historique dans la manière d’aborder la bande dessinée. Aujourd’hui, il semblerait d’ailleurs que le précurseur Campbell se soit détourné de ce "genre" qu’il considère fourre-tout. En cherchant bien, et en mettant de côté le palmarès doré en fin de livre et introduisant les meilleurs romans graphiques selon l’auteur - qui n’oublie pas en toute modestie de citer plusieurs de ses réalisations (héhé), Comment devenir artiste contient certainement, dans ses questionnements et sa recherche de la vérité, les prémisses d'une illusion crépusculaire.

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