6/10Alec - Tome 1 - La bande du King Canute

/ Critique - écrit par iscarioth, le 06/02/2007
Notre verdict : 6/10 - Pionnier du quotidien (Ecrivez votre critique)

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Alec : la bande du King Canute est indéniablement une bande dessinée marquante dans l'histoire du neuvième art, mais c'est aussi une oeuvre très difficile d'accès.

Eddie Campbell est un dessinateur à la renommée internationale, principalement pour une raison : il est le co-auteur de From Hell, le roman graphique du géant Alan Moore. Difficile, à partir de là, de s'affranchir de l'étiquette « dessinateur de From Hell » pour coller plus franchement à celle d'auteur. Ce que l'on sait moins, c'est qu'Eddie Campbell est l'un des pères du genre quotidien aux Etats-Unis. L'un des premiers à avoir utilisé sa vie de tous les jours pour raconter des histoires.

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Campbell explique en préface : « L'authenticité devint mon principe directeur. Tout ce qui paraissait repris ailleurs ou construit de toute pièces était à proscrire [...] Si une histoire s'était passée d'une certaine façon dans la réalité, elle se retrouverait telle quelle dans mon livre ». Eddie Campbell, c'est donc Alec MacGarry, personnage principal d'une série racontant la petite vie du jeune homme et de son copain Danny Grey. Les deux bonshommes travaillent dans la même entreprise, comme ouvriers. Le point central de leurs aventures quotidiennes : le King Canute, un pub. Sur son blog, Eddie Campbell explique la genèse du projet. Un gros tas de papiers bardés de notes, enroulé dans un petit cahier dédié aux courses hippiques et édité par le Daily Mirror. C'est dans ce carnet qu'Eddie Campbell a recensé, des années durant, tout ce qu'il a fait, dit, entendu... Un pense-bête du quotidien qui lui a permis de puiser là une matière première essentielle à ses histoires. Les récits d'Alec, ce sont des témoignages d'une époque où la jeunesse, vivant de pas grand-chose, ne semblait guère se soucier du lendemain. La vie de rencontres en beuveries, de discussions en bagarres.

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On ne peut rattacher l'ouvrage à aucun courant narratif, même si une certaine touche british nous renvoie parfois au réalisme social anglais, qui a explosé au cinéma dans le même temps. Ce qui nous a dérangé, lors de la lecture d'Alec ce n'est pas le contenu, mais son agencement. Cet album fait parfois l'effet d'une oeuvre surréaliste. On se demande jusqu'où l'on doit chercher du sens. Les discussions n'ont parfois ni queues ni tête, sont télescopées, on ne décèle pas toujours de suite logique entre chaque scène. A quelque niveau que ce soit, on a l'impression d'une désarticulation complète, d'une BD réalisée sous le coup de l'écriture automatique. Ce type de narration, mêlé à des histoires quotidiennes, amène un curieux mélange. La lecture est ardue, et l'impression finale frustrante : c'est comme si Eddie Campbell avait mis en scène un quotidien concret, sans jamais réussir à le communiquer tout aussi concrètement.

Alec : la bande du King Canute est indéniablement une bande dessinée marquante dans l'histoire du neuvième art, mais c'est aussi une oeuvre très difficile d'accès. Pour un public d'avertis.

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