6.5/10Je ne t'ai jamais aimé

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 25/08/2010
Notre verdict : 6.5/10 - Je ne me suis jamais activé (Ecrivez votre critique)

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Chester Brown nous livre un album en forme d'introspection dans lequel sa technique fait des merveilles. Quel dommage cependant que le rythme choisit soit si soporifique.

Je ne t'ai jamais aimé est un ouvrage de Chester Brown réédité en France par Delcourt. Chester Brown est un artiste dont l'univers est ponctué de satires, d'humour noir et d'introspection. Dans l'album que nous présentons, c'est ce dernier qui est le pivot du récit. Ainsi, nous allons en compagnie de Chester faire un petit voyage qui va aller de l'enfance à l'adolescence avec tout ce que cela va pouvoir impliquer.

C'est une maison bleue...
C'est une maison bleue...
Techniquement, l'ouvrage de Chester Brown n'est pas désagréable. Il se dégage en effet, un petit côté comic strip fort plaisant. Tout en noir et blanc, le trait de Brown est clair, précis et les différents sentiments vont se lire facilement. Sa façon de dépeindre les personnages nous fera à la fois sourire et sympathiser avec eux. En effet, nous sourirons devant l'apparente exagération des humeurs mais nous serons touchés en même temps par la sensibilité des protagonistes. Les Décors, loin d'être variés, offriront cependant assez de détails pour que toute l'ambiance bucolique des décors se ressentent. Nous avons vraiment l'impression de vivre dans le village de Chester, de le reconnaître.

Chester, apprenti Dawson.
Chester, apprenti Dawson.
Néanmoins, le dessin n'est pas la seule composante d'un album. L'histoire joue un rôle très important. Nous découvrons alors Chester, un enfant qui va faire son chemin vers l'âge adulte. Au fil des années, il va grandir, réfléchir et faire des rencontres. Dans cet album, ce jeune homme introverti va nous emmener dans ces rencontres avec les femmes. Chester, malgré son caractère et son univers atypique, a du succès avec les femmes. Que ce soit, les amies d'enfance ou les copines d'école, son monde n'est jamais exempt de femme. Mais malgré cet entourage, le jeune homme n'aura pas l'assurance de son frère cadet. Ainsi, après quelques pages à prédire (plutôt facilement) les différentes relations, nous allons être gagnés par l'ennui. Chester est un garçon brillant mais il est avant tout un ado très commun pour qui l'inaction est une forme d'art. Même quand les choses semblent promises à l'action, il ne bouge pas. Par conséquent, le rythme et la satire de Chester Brown perdent en mordant et le lecteur lui-même finit par végéter à attendre la fin.

Ainsi, Je ne t'ai jamais aimé est un album qui est maîtrisé techniquement mais dont l'histoire manque cruellement de rythme et de rebondissement. L'ennui finit par nous gagner malgré les bons sentiments que nous avions dans les premières pages. Au bout de cet album néanmoins, chaque personne sera presque rassurée de sa propre enfance tant le héros semble vouer à se perdre dans ses propres doutes. Chester Brown a au moins le mérite de vider son sac et ses propres insécurités dans un album qui coûte moins cher que dix ans de thérapie.

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