6/10Je t'ai aimé comme on aime les cons

/ Critique - écrit par riffhifi, le 10/07/2008
Notre verdict : 6/10 - Femmelette espagnole (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 1 réaction

Une histoire de rupture qui fait mal au cœur, et de la réacclimatation qui s'ensuit. Espagnol, gentillet, rien de révolutionnaire mais suffisamment de fraîcheur et de sincérité pour convaincre.

En Espagne comme en France, les couples se font et se défont. Maria José Gimenez, dans Je t'ai aimé comme on aime les cons (joli titre à rallonge), raconte comment Miranda se sépare de Pedro, con de son état, et retourne à Valence auprès de sa famille et de ses amis. Rien n'est facile, et malgré la certitude d'avoir fait le bon choix, l'héroïne ne peut pas balayer d'un revers de la main les quatre ans qu'elle a passés avec son homme...

Con vaincu ?
Con vaincu ?
Sous le dessin dépouillé et simplissime de José Miguel Fonollosa, qui se borne finalement à illustrer le récit de Giménez sans l'agrémenter d'arrière-plans ni de décors fastueux, l'album traite son sujet avec candeur, sans éviter les lieux communs ni les répétitions. Dans la plus pure veine des « histoires de filles » (la couverture est rose), Giménez montre sa Miranda en chouinage permanent, confiant ses états d'âme à son journal intime, etc. De la même façon que dans Ally McBeal ou Amélie Poulain, l'héroïne se retrouve parfois représentée de la façon dont elle se sent : en morceaux, toute petite... rigolo et touchant, mais déjà trop vu. Quant à la narration proprement dite, bien que faisant usage d'une mise en page inventive sans ostentation, elle perd parfois le lecteur entre présent et passé, en abusant des parallèles entre les deux époques. Si vous perdez le fil cependant, un petit indice subtil vous indiquera s'il s'agit d'un flash-back ou non : le tracé du cadre de la case. Si vous êtes dans le présent, il sera tiré à la règle ; si vous êtes dans le passé, il sera dessiné à main levée. Infaillible.

Pourtant, on se prend de sympathie pour cette jeune fille déphasée, coincée dans l'antichambre pourrie qui la mène d'une stabilité pesante à une liberté angoissante. A Valence (de clichés ?)
A Valence (de clichés ?)
Les personnages qui l'entourent sont tracés au gros feutre et se limitent souvent à de simples stéréotypes, mais la relation avec Pedro est traitée avec sensibilité et justesse. Les bons souvenirs et l'amertume se télescopent, le cerveau bouillonne et se fatigue simultanément... Les dialogues ne font pas d'étincelles, ils ne sont pas là pour ça, mais résonnent comme un écho dans la tête de ceux qui ont connu les mêmes affres que Miranda. Le titre est bien choisi : il ne s'agit pas d'une histoire d'amour mais bien d'une histoire de rupture. Et le rire y est jaune.

Reste que l'album, avec sa volonté modeste de ne tracer qu'une petite tranchounette de vie, se lit vite et s'oublie rapidement. Son manque d'ambition est à la fois sa force et sa faiblesse ; parce qu'après tout, dès la dernière page lue, il devient lui aussi un amour d'hier...

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