7.5/10Agence Interpol - Mexico & Stockholm

/ Critique - écrit par plienard, le 07/09/2012
Notre verdict : 7.5/10 - Une société qui fait flipper (Ecrivez votre critique)

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Après la série événement de l’année dernière, Alter Ego, qui a fait le buzz (un personnage, une histoire qui converge vers une même conclusion), les éditions Dupuis continuent avec une série à thème comme c’est si bien les faire Delcourt (7, Jour J ...). Sous le titre d’Interpol, deux albums paraissent (un troisième est prévu pour Mars 2013) avec comme principe de suivre une enquête policière avec un flic d’Interpol et un flic local. Deux albums, donc, pour deux villes, Mexico et Stockholm (le troisième sera dans la ville de Rome) et deux histoires très différentes. Un sérial killer qui coupe des têtes de femmes et un père divorcé qui enlève ses enfants pour les emmener dans une secte.

Pour ces deux albums, on a deux duos d’auteurs, Lionel Marty et Philippe Thirault pour Mexico, la muerte et Peter Bergting et Sylvain Runberg pour Stockholm, le maître de l’ordre. La différence est flagrante au niveau du dessin, mais la qualité des albums est bien présente.


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Dans Mexico, on suit un privé du nom de Pablo Tikal qui enquête sur les corps de femmes décapitées. Une enquête difficile et presqu’impossible tant le pays est corrompu et les narcos tout puissants qui y font régner la terreur impunément. Il est rapidement rejoint par un agent d’Interpol, Clare Burnell, plutôt sexy, ce qui n’est pas pour déplaire à notre enquêteur sexiste.

Âmes sensibles s’abstenir ! Si l’album présente peu de scènes gores, le peu est déjà impressionnant. Ajoutez à cela, une atmosphère lourde, glauque, où vous pouvez  vous faire abattre à chaque page et vous comprendrez que les auteurs réussissent parfaitement leur album. Tout semble malsain, de la société mexicaine où les règlements de compte de narcos sèment la peur et la méfiance à Pablo Tikal et sa morale élastique avec sa gâchette facile (il faut dire que pour survivre dans son boulot, c’est plutôt nécessaire). Le trait de Lionel Marty est idéal, ici, pour exprimer cette société complètement démente. On se souvient de la merveilleuse série Le rêve de Jérusalem (déjà avec Philippe Thirault au scénario). Avec une couverture déjà très austère, qui annonce bien la couleur (si j’ose dire), Lionel Marty représente des personnages aux traits cassés et aux cervelles qui explosent. À ne pas mettre entre toutes les mains, c’est certain.


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Stockholm, le maître de l’ordre
est certainement moins glauque mais pas moins passionnant. Après le très bon Les carnets de Darwin chez le Lombard (trois albums, série terminée), Sylvain Runberg continue à nous montrer qu’il est un maître du suspens. Cette histoire de secte qui nous fait penser au tristement célèbre ordre du temple divin (ne serait-ce que par son nom, ordre divin du temple) est dessinée par Peter Bergting qui prouve qu’il peut faire autre chose que de l’héroïc-fantasy (Dark sun, Les mondes fantastiques de Frazetta). Son trait est ici plus proche de ce qu’il a pu faire sur L’augure (Delcourt), notamment dans la représentation de son personnage de Bruno Jallard, le père des enfants enlevés.

À deux, les auteurs réussissent une histoire haletante où la vie de la secte et l’enquête se suivent parallèlement jusqu’à un final nerveux tant dans l’action que pour le lecteur. Les enfants seront-ils sauvés ? Vous n’en saurez rien avant la dernière page.

Cette nouvelle série chez Dupuis s’adresse à un public adulte et sont tirés de faits réels (les narcos au Mexique et les sectes). De l’insécurité à Mexico aux sectes meurtrières, on y reconnaît clairement quelques faits de société qui nous font flipper. Moi, après ces bonnes bandes dessinées, je lirais bien un Gaston, histoire de me détendre !


Cette jolie ville de Mexico !

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