8.5/10L'Accablante apathie des dimanches à rosbif

/ Critique - écrit par wqw..., le 25/03/2008
Notre verdict : 8.5/10 - « Les bons vivants font-ils de meilleurs morts ? » (Ecrivez votre critique)

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Derrière un titre plein d’humour se cachent les appréhensions de chacun face à la maladie, face à la mort. Le texte joue les premiers rôles pour aborder de manière sensible un sujet encore tabou.

Un décès est toujours un événement tragique pour les autres, pour les siens. La chose n’en est pas moins drôle lorsque la grande faucheuse frappe un humoriste dans la fleur de l’âge. Pour sa première histoire, Gilles Larher, jusque-là libraire, a choisi de parler de la maladie et de la mort. De prime abord, cela pourrait rebuter le lecteur à la recherche d’un peu de fantaisie et de détente ; pourtant, celui-ci passerait à côté de quelque chose.


 

 

 

 

 

 

 

Brice Fourrastier était humoriste. Suffisamment connu pour rentrer dans la course habituelle à la promotion, d’émissions radios pour teenagers à celle télévisée de JBR (ndr : Ardisson sans le nommer…), le côté brillant. De l’autre, la route, beaucoup de route avec Jipé (chauffeur, éclairagiste, le copain), de ville en ville, de one-man-show en one-man-show… De la découverte du théâtre à la MJC au Grand secret des femmes, Mado son agent, une amie de toujours, les rires du public, les applaudissements… enfin Justine.


Et puis cette douleur à l’estomac, toujours plus déchirante, les rendez-vous chez le médecin… les médecins et puis le compte à rebours qui s’enclenche. Un cancer dont on ne dit jamais le nom. La réaction, l’appréhension, la perception du monde. Prévenir les autres, petit à petit, des médicaments, un dernier spectacle, des médicaments, un dernier adieu. L’artiste joue les équilibristes avec la maladie, entre doute et abattement. L’espoir étant laissé à d’autres.

Grâce au trait simple, noir et blanc, de Sébastien Vassant (qui n’a d’ailleurs pas hésité à s’investir dans ce projet), discret mais solide, les derniers moments de Fourrastier (les mots de Larher) rendent ce personnage un peu cabot attachant et nous plonge, avec lui, dans une certaine tristesse… on est en train de perdre un ami.

Derrière un titre plein d’humour, L’accablante apathie des dimanches à rosbif, se cachent les appréhensions de chacun face à une telle situation. Humour, parfois noir, sur lequel plane le fantôme de Pierre Desproges. Le texte joue les premiers rôles mais sans tomber dans le pathos pour aborder de manière sensible un sujet ô combien tabou.

Un roman graphique riche (à lire d’une seule traite si on ne veut pas en perdre l’essence), entre rires et émotions, parce que simplement la vie est ainsi… la mort aussi !


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