Delcourt - Des balles et des lames au programme !

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 21/05/2019

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Intrigues en tout genre et à toutes les époques sont au programme de cet article !

Stray Bullets - Volume 01 - 9/10


© Delcourt 2019.

 

Attention pavé en vue ! Ce premier volume est conséquent et donne un paquet de truc à voir. David Lapham que j'ai découvert sur Shadowman à une lointaine époque, signe ici le scénario et les dessins de cet imposant album.

Stray Bullets, c'est une épopée de gangster qui s'étend sur plus de vingt ans. L'introduction donne quelques pistes, présente des personnages puis nous basculons 20ans plus tôt où tout a commencé. Comme dans un Tarentino, les personnages sont hauts en couleurs et même si certains sont des salauds, nous allons nous y attacher. C'est aussi le destin de personnages singulier comme ceux qui habitent ce coin paumé de désert où la folie a depuis longtemps rongé leur cerveau. Du benêt un peu grande gueule à la gamine débrouillarde, tout y passe. Cette dernière sera troublante car elle viendra ponctuer l'album de certains de ces délires d'écriture. Amy Bolide est l'avatar furieux d'Amy et elle apportera un peu plus de folie au récit.

Difficile de raconter plus sur Stray Bullets sans commencer à dévoiler trop de chose. Vu l'OVNI que c'est, ce serait dommage de gâcher le plaisir de la pure découverte. Côté dessin en tout cas, c'est du noir et blanc et Lapham mêle crayonné de polar noir avec style à la Eisner comme pour mieux traduire ces "tranches" de vie qu'il appelle épisode.

Stray Bullets est dingue, fou mais il accroche le lecteur. Malgré sa taille, à la fin de l'album, vous allez en redemander pour connaître la suite des aventures d'Amy et des autres.

Créatures sacrées - Tome 1 - 7.5/10


© Delcourt 2019.

 

Après la folie, place à un comics plus "sage" puisqu'avec Créatures sacrées, nous entrons dans du "classique". Dans cet album signé Janson (Dark Knight) et Raimondi (X-Factor), nous allons être dans une ambiance très Constantine ou Spawn.

En effet, l'équilibre entre les forces du bien et du mal semble basculer en même temps que la vie de Josh. Il n'avait rien d'extraordinaire : une femme sur le point d'accoucher, des galères pour trouver un job et une belle-mère qui le déteste. Puis il rencontre une série d'individu et le voilà avec la police, des chiens de l'enfer et la ville sur le dos pour un meurtre qu'il ne comprend pas avoir commis. Un "ange" gardien vient le sauver et le voilà à se refaire la journée pour comprendre "comment" il s'est retrouvé là.

Le scénario est assez classique et prévisible. Il est facile de comprendre "qui" s'en prend à lui et ce qui est en jeu. Cela dit, c'est intéressant de savoir pourquoi lui. Josh ne semble pas être un choix anodin et l'injustice qui le frappe le rend attachant.

Visuellement, c'est très efficace. Détails, rythme, découpage... Tout est fait pour nous faire ressentir la spirale infernale qui se déchaîne autour de Josh.

Créatures Sacrées est prévisible mais il pose tout de même les bonnes questions pour que l'on veuille connaître la suite.

 

Epée sacrée - 5.5/10


© Delcourt 2019.

 

Gabriel Rodriguez, après un excellent travail sur Little Nemo (qui lui a valu un Eisner), revient avec Epée Sacrée. Dans cet album, il s'occupe du scénario et du dessin et voici donc ce qu'il nous propose.

Avalon est une jeune fille qui sera "tombée" du ciel et qui sera élevée par les tigres géants. Sur cette planète, elle va grandir et partir en quête de l'épée sacrée grâce à une certain Merlin. Elle va donc devoir affronter des esclavagistes, des géants, des armées fanatiques et autres trucs avec ses compagnons Galaad ou Lance.

Vous l'aurez compris, ce récit ressemble à une sorte de quête du roi Arthur en version Metal Hurlant. Rodriguez nous fait un melting pop de tout ce qu'il peut trouver pour déchaîner les évènements autour d'Avalon. On lit, on apprécie certains passages mais tout semble déjà vu. Difficile d'accrocher à 100% tant les éléments se télescopent. Sans utiliser tous les noms et références Arthurien, cela aurait fait moins "abusé". Il est difficile de savoir si c'est une interprétation rock and roll ou un pastiche un peu kitch.

Le dessin fait très Metal Hurlant également et s'intègre bien dans ce délire. J'ai apprécié ce côté là mais je demeure plus sceptique sur le scénario. A la fin de l'album, la fin est aussi ouverte que possible alors je garde espoir de voir Epée Sacrée s'inscrire dans un cycle plus long afin de développer véritablement ses idées.

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