Delcourt - De l'amour, de la poésie et un peu de sang !

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 12/03/2018

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Outcast, Hillbilly, Alex + Ada ou encore Kill or Be Killed, il y en aura pour tous !

Kill or be killed 01 – 7/10

 


© Delcourt 2018.

 Le duo Brubaker – Philipps marche du tonnerre. Après l’excellent Fondu au Noir, le revoici avec cette nouvelle série. Il y a un petit côté V pour Vendetta ou Wanted dans le héros. Un petit gars normal avec une vie pas top niveau cœur puisque la femme de ses rêves est la copine de son coloc’. Il décide donc d’en finir mais le destin le sauve. Du moins le croit-il au début. Il s’aperçoit qu’une entité maléfique l’a sauvé et qu’elle réclame un loyer. Le paiement se fait en mort ! Notre héros va donc se faire le justicier des rues en butant des « salauds » comme des pédophiles, des dealers et autres. Chaque cadavre, c’est un loyer de payé ! Et devant cette toute nouvelle activité, notre héros va ouvrir les yeux sur le monde et sur ses horreurs. Son nouveau regard et sa quête vont donc devenir quelque chose d’autre. Pour l’instant, pas trop de détail sur les trouvailles de notre gars, on est surtout là pour découvrir les origines de sa croisade et les aléas de sa vie sentimentale. Comme dans Fondu Au Noir, le principe du triangle amoureux avec bonus sera de la partie. De quoi titiller le lecteur et de quoi alterner entre deux paiements de loyer. Le scénario se laisse donc découvrir et il prend son temps. Sans être totalement novateur, on ne peut pas renier l’impact de l’ensemble qui est relayé par un graphisme dynamique lors des séquences d’action. Les autres séquences manquent toutefois de l’intensité des regards et des jeux de lumières de Fondu Au Noir.

 

Hillbilly 01 – 8/10

 


© Delcourt 2018.

 Eric Powell frappe à nouveau. L’auteur de The Goon et de Big Man Plans revient pour notre plus grand plaisir. Ici, il est question de conte moderne et de violence. A l’instar des frères Grimm, Powell développe un univers où la morale s’écrit parfois en lettres de sang. Le héros est le Hillbilly errant, un homme mystérieux, avec des larmes de sang sur les joues et qui trimballe le « hachoir du diable ». Il erre dans l’Amérique du 19ème siècle pour combattre sorcières et autres créatures de la nuit. On va donc suivre notre héros dans plusieurs histoires dans lesquelles il va tenter d’éradiquer les forces du mal. Mine de rien, l’univers, le ton et le graphisme rendent cette série très sympathique. On y découvre toute une mythologie avec ses héros, ses vilains et sa magie. On imagine très bien ces récits comme existants depuis la nuit des temps et la légende du Hillbilly errant a de beaux jours devant elle quand on lit cet album. Chaque histoire a son charme, ses petits quelques choses et on se dit que Mignola aurait pu écrire certaines histoires devant tant de poésie. Eric Powell nous livre en plus un dessin envoûtant avec ses crayonnés, des effets d’ombres et ses teintes qui rappellent l’atmosphère des contes et des bayous en même temps. Un premier tome réussi qui donne envie de découvrir la suite au plus vite.

 

 

 

Outcast 05. Une nouvelle voie – 7/10


© Delcourt 2018.

 Kirkman et Azaceta continuent de torturer Kyle dans ce nouveau tome ! Une façon orientée de montrer les choses mais au moins, Kyle va apprendre à riposter. Fini les approximations, il va apprendre à rendre coups pour coups grâce à son mentor ! Ce dernier, je vous le laisse découvrir mais a un petit côté « Jésus » de Walking Dead lorsqu’on le voit attaquer les possédés. Au passage, on en apprend davantage sur les origines du mal et sur pourquoi Kyle est leur cible tout en étant leur faiblesse. Les explications démystifient un peu les méchants mais cela ne les rend pas moins inoffensifs. De plus, les méchants se dotent au cours de l’album d’un nouveau bad guy en chef qui promet une opposition plus musclée que précédemment. Un album prenant mené tambours battants. On voit deux camps se préparer à l’étape suivante et Kyle compte bien ne plus se laisser faire. Azaceta transforme un peu son dessin pour lui donner plus de puissance. Il passe donc du film d’épouvante au film d’action sans soucis. En tant que fan de barbe, je note qu’il aime séparer la moustache de la barbe pour ses personnages. C’est un détail à la con mais il fallait bien noter un petit quelque chose de spécial. En tout cas, c’est un album qui ravira les fans de la franchise et qui fait franchir à Kyle, une nouvelle étape dans sa lutte.

 

 

Alex + Ada 3 – 7/10

 Suite et fin pour notre couple mixte ! Jonathan Luna et Sarah Vaughn viennent achever ce récit d’amour entre un humain (Alex) et une androïde (Ada). Nos tourtereaux  continuent de vivre cacher surtout après les scandales qui minent ce futur proche dans lequel la conscience des androïdes doit être sévèrement contrôlée et punie. Pour vivre heureux, vivons cachés ? Si seulement c’était aussi simple pour Alex et Ada. Leurs amis ne l’entendent pas tous ainsi et ils vont devoir trimer pour que survive leur amour. Un récit simple et efficace sera mis en place et il permettra de davantage mettre en lumière les questions sentimentales de nos héros. De même, le dessin déjà épuré devient encore plus simple et efficace. Certes, le traitement d’ensemble est parfois trop direct et simple mais cet album conclut de belle façon cette histoire d’amour.


© Delcourt 2018.

 

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