9/10Delcourt - Fondu au Noir - Un parfum de scandales et de rêves Hollywoodiens

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 28/12/2017
Notre verdict : 9/10 - Vernis doré !

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Voilà un album parfait pour les amateurs de polar et pour ceux qui suivent l'actualité du monde du spectacle : meurtre, scandale, corruption et j'en passe.

Fondu au noir est un album qui colle parfaitement à l’actualité. Peut-être trop me direz-vous. Comment s’échapper du quotidien avec ce titre qui rappelle combien les cas de manipulations, de harcèlement et de corruption divers peuvent affecter tous les milieux dont le cinéma Hollywoodien. Lorsqu’Ed Brubaker a écrit cet album, avait-il déjà en tête les Weinstein et consorts ? A travers une vue inspirée de l’âge d’or et du McCarthisme qu’a vécu son oncle John Paxton, Brubaker nous livre un récit aux goûts très/trop moderne. On souhaiterait que certains aspects appartiennent au passé ou soit de la fiction mais il n’en est rien.


© Delcourt 2017DR.

 Charlie Parish est scénariste pour des studios d’Hollywood. Il est à la dérive suite à la chute de son meilleur ami qu’il a dû dénoncer comme communiste et suite à son syndrome de la page blanche depuis son retour de la seconde guerre mondiale. Un soir, après une fête trop arrosée, Charlie se réveille sans souvenirs mais le corps sans vie de l’actrice vedette dans sa chambre. Charlie tente donc de découvrir le pourquoi du comment tout en naviguant / flirtant avec la remplaçante de l’actrice. Hanté par son passé, hanté par la mort de son amie qui a été maquillée en suicide, Charlie va retourner toute la vase qui dort derrière la façade dorée des studios et derrière les sourires immaculés des vedettes. Nettoyeurs sans vergogne, directeurs libidineux et acteurs à la fois chouchou et victime. Le vernis éclate et rien ne semble pouvoir arrêter la quête de Charlie. A plusieurs reprises, il pourrait revenir dans le rang et se couvrir les yeux mais il veut savoir pourquoi. A défaut de pouvoir écrire, il veut écrire la vérité.

Vous l’aurez compris, le récit est une spirale qui se savoure de bout en bout. Ed Brubaker frappe fort et il frappe juste. Son style très enlevé peut paraître difficile à saisir au début mais on découvre qu’il a semé tout au long de l’album des graines qui éclosent au fil du récit. Sean Philips fait un travail très convaincant et il maîtrise parfaitement le style «noir » de l’album. Cette enquête que n’aurait pas reniée un détective privée des années 50 prend vie et grâce aux talents des deux hommes, on se met à imaginer l’impact de cette série sur petit écran.

Vous aimez les polars des 50’s et l’esprit du « golden age » d’Hollywood ? Vous ne pourrez pas passer à côté de ce récit. Moderne et plein de vie, actuel et rondement mené, il est difficile de ne pas apprécier cet album qui en prime se pare de couvertures sous forme d’affiche de ciné et qui valent le détour.

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