Glénat - Conan le Cimmérien - Arrivée en BD réussie ?

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 13/06/2018

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Vous pensez connaître Conan ? Peut-être que vous ne connaissez qu'une partie de son être. Il a plus d'un poil à son slip à fourrure !

Conan arrive chez Glénat et l’éditeur met les petits plats dans les grands pour accueillir celui que beaucoup surnomme « le barbare ». Il faut dire que depuis la prestation d’Arnold, l’image d’un Conan en slip à fourrure perdure dans l’imagerie publique. Cela dit, le Cimmérien a également fait les beaux jours des Comics avec les innombrables aventures dont Marvel a eu le secret. Ce coup-ci, Conan arrive en bande dessinée. Du jamais vu pour le héros de Robert E. Howard malgré des aventures qui ont commencé dans les années 30. Glénat lance donc un grand projet : adapter les romans et nouvelles de Conan en cherchant à coller le plus possible à la vision de son auteur. En effet, Conan n’est pas un barbare, il est un Cimmérien et il a beaucoup plus d’humour, de stratégie et de finesse que l’on peut l’imaginer. Pour donner davantage de couleurs à son univers, un duo d’auteur / dessinateur différent va s’atteler à chaque album.

 

Conan le Cimmérien - La Reine de la côte noire - 8/10

 
© Glénat 2018.

 

Cette histoire de Conan est sûrement la plus emblématique. Certes, c’est la 10000ème adaptation (j’exagère un peu) mais il faut admettre que c’est une histoire forte. Conan, incompris, fuit la civilisation dans une introduction tonitruante. Il finit par tomber sur une femme au tempérament de feu : Belit, la chef d’une bande de pirates. C’est une femme forte, indomptable et Conan devient son lieutenant, son bras armé. Pour un récit des années 30, C’est fort. Conan, y apparaît comme également plus subtil qu’à l’accoutumée. Il pense à des plans pour aider Belit à atteindre ses objectifs. Des plans qui ne passent pas par l’emploi de la force brute que les a priori ont bâti depuis les films. De même, Conan prouve qu’il a le sens de l’humour (comme lors de son embarquement sur le bateau marchand) et qu’il a une idée de la vie très poussée qui se résume par une existence au jour le jour. Mais une existence qui se vit à fond.

Pour mettre en lumière cette histoire et ce personnage (et lancer la série), nous avons Jean-David Morvan (notamment : Sherlock Fox, HK) et Pierre Alary (Silas Corey). Le premier signe l’adaptation du scénario tandis que le second est aux crayons. Pour l’histoire, c’est fidèle et on sent toute la personnalité de Conan et de Belit. Le seul regret est de voir l’histoire se dérouler si vite. Le lecteur est littéralement embarqué dans un tourbillon et c’est presque haletant que l’on finit cet album. Alary, comme il le dit lui-même, n’est pas un spécialiste des dessins anatomiques. Cela tombe bien, cela lui permet de livrer un Conan original et énergique. Le découpage des scènes, de l’amour au combat, sont très vivantes. Certes, nous perdons en détail ici et là mais le plaisir est au rendez-vous.

En résumé, un premier contact avec Conan le Cimmérien très appréciable.

 Conan le Cimmérien - Le Colosse noir – 9/10

 Nouvel histoire de Conan, nouveau duo. Ici, nous retrouvons le duo Vincent Brugeas / Ronan Toulhoat. Les deux hommes se connaît depuis quelques années et ils ont tous les deux travaillés sur le Roy des Ribauds ou plus récemment sur Ira Dei. Voici nos deux comparses devant une histoire surprenante du Cimmérien. Dans la cité de Khoraja, la guerre fait rage et c’est tendu de chez tendu comme on dit. La princesse, grâce à un oracle, apprend que le premier homme qu’elle croisera deviendra le général qui la mènera à la victoire. Conan sort d’une taverne et tombe sur la princesse. Il devient donc le général chargé d’affronter un terrible roi sorcier. Voilà un pitch surprenant mais qui ne manque pas de charme. Conan, homme aussi honnête que « frusque », devient le commandant de la noblesse ! De quoi surprendre quelques chevaliers mais Conan va vite prouver sa valeur de tacticien. De même que nous le découvrirons en polyglotte lors d’une rencontre fortuite.

Las, le récit paraîtra encore une fois trop rapide. On sent la matière pour des pages et des pages mais le format contraint à être plus direct. Cela dit, une bataille rangée de quinze pages, ça en jette un max. Archers, charge de cavalerie, magie, fracas des lances, tout y passe. Conan est guerrier, stratège et plein d’autres choses. Visuellement, c’est là aussi, très vivant. On savoure les effets qui entourent le sorcier ou la chevelure désinvolte du Cimmérien. On sent le passé sur Ira Dei de Toulhoat. Pour ma part, la chevelure de Conan me rappelait Wismerhill des Chronique de la Lune Noire. Cela dit, ce sont loin d'être des défauts et je conseille vivement cet album aux amoureux de Conan et aux autres.
© Glénat 2018.

 

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