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8.5/10Cendrillon - Les 12 coups de minuit

/ Critique - écrit par Maixent, le 09/03/2014
Notre verdict : 8.5/10 - BDSM Cendrillon (Ecrivez votre critique)

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Cendrillon ou les infortunes de la Vertu

« Dans la magie d’une nuit douce et étoilée, Cendrillon le cœur battant, foule les pavés de la cour princière ». Ca y est, dans ce deuxième tome, la souillon, l’esclave soumise aux penchants pervers de la maisonnée est devenue princesse. Mais l’on sait bien que tout ceci n’est que poudre magique aux yeux et que viendra forcément le  moment ou la belle se transformera en citrouille ou quelque chose équivalent et qu’il faudra retrouver pantoufle de vair (ou de verre, on ne sait toujours pas) à son pied.



Une sortie de bal remarquée

 

Toujours sur cette base archi connue de culture populaire, Trif introduit de subtiles variations, parfois grivoises ou un peu faciles, pour donner une dimension érotique à ce conte pour enfants. La personnalité même de Cendrillon va dans ce sens. Alors que l’on a une image d’elle plutôt éthérée, enfermée dans un joli monde enfantin, parlant aux oiseaux et affichant une naïveté touchante pleine de grâce, elle est ici clairement traumatisée (on le serait  à moins) et sa naïveté est plus proche de la bêtise. Vivant recluse et maltraitée, elle est inapte à la vie en société, ce qui est flagrant dans son comportement lors du bal, se mettant en position pour recevoir la fessée après avoir bousculé un notable. C’est une Cendrillon brisée, incapable de se gérer elle-même et confiant sa destinée à une marraine volage qui certes, a des pouvoirs magiques mais réfléchit plus aux besoins de son con qu’à ceux de sa protégée.

Pour ce qui est des trouvailles scénaristiques, donc pas de souliers à faire
Troupeau de blondes

 

essayer aux jeunes filles du royaume, mais une pilosité pubienne en forme de cœur à la blondeur virginale à retrouver. Particularité physique de Cendrillon et prétexte à une flopée de jeunes filles relevant leur jupe au grand plaisir du prince. Même si cela est un peu facile d’un point de vue scénaristique, il faut reconnaître que cela fonctionne assez dans ce contexte. On oscille de toute façon en permanence entre le grivois et le tragique.


Visions de Cendrillon

 

Ce qui reste la grande force de l’ouvrage ce sont les relations sadomasochistes et la violence avec laquelle est traitée Cendrillon. Le sadisme est poussé à son paroxysme même s’il est moins présent que dans le premier volume. En effet, Trif excelle à cet exercice, plongeant le lecteur dans une souffrance et une excitation palpables. Et même si tout ceci est compensé par un aspect plus comique et léger puisque l’on suit en parallèle les aventures de la marraine qui s’ébat joyeusement avec trois bergers vigoureux ayant transformé leur troupeau de moutons en jeunes filles aussi belles que stupide, l’album reste impitoyable. La pauvre Cendrillon est humiliée, rabaissée, conspuée, maltraitée moralement et physiquement par ces scélérats jouissants de son malheur, sa marâtre en tête qui se révélera être une soumise contrariée.

Une très belle relecture de Cendrillon à travers ces deux tomes qui donnent à voir une humiliation extrême tout en menant un récit accessible et en respectant l’idée de base du conte. Le récit rythmé et le dessin maîtrisé confèrent à l’ensemble une beauté formelle qui plonge le lecteur dans une sorte de transe dont il ne sort pas tout à fait indemne. Les repères sont bouleversés avec finesse et définitivement, la Cendrillon en mousseline bleue qui virevolte avec un sourire béat aux lèvres n’existe plus. 

Une chose est sûre, à la fin, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’orgasmes vigoureux, mais sans souffrance. 

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