8/10100 Bullets - 2001-2002 - ¡Contrabandolero!

/ Critique - écrit par riffhifi, le 29/09/2008
Notre verdict : 8/10 - Contrabandeciné (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

Un sixième tome qui permet aux éventuels retardataires de prendre le train en marche. Du comics version film noir qu'il n'est pas raisonnable d'ignorer.

La saga 100 bullets entame son deuxième quart. Rappelons que les auteurs ont prévu d'en produire exactement 100 numéros, et qu'ils sont sur le point d'achever leur œuvre : le numéro 96 sortira le mois prochain aux USA, ce qui laisse supposer un #100 en février 2009... En France, on se contente ce mois-ci avec Contrabandolero des numéros 26 à 30, datés de septembre 2001 à janvier 2002. Panini a le mérite d'avoir repris le flambeau de l'édition d'une série précédemment passée entre les mains de Soleil et de Semic, et d'en faire de chouettes volumes à couverture souple, richement préfacés. 100 bullets n'est pas précisément de la BD de supermarché, puisqu'elle collectionne les récompenses et a notamment remporté plusieurs Eisner Awards et Harvey Awards...


Prenant exemple sur certaines séries TV qui proposent régulièrement des épisodes permettant l'immersion des nouveaux spectateurs (via, généralement, l'introduction d'un nouveau personnage qui subit une initiation), le scénariste Brian Azzarello conçoit le 26ème numéro comme un hors-série destiné à faire le point sur les évènements en cours sans pour autant être un pensum explicatif. A travers les plaintes geignardes d'un loser sur le point de consommer une prostituée, on passe en revue les grands axes qui s'articulent autour de l'agent Graves, ce mystérieux donneur de mallettes qui confie 100 balles de revolver à des gens qui ont des raisons de s'en servir. Pour pimenter ce numéro, quoi de mieux que d'inviter quelques potes au dessin, histoire de donner un peu moins de boulot à Eduardo Risso et de montrer au passage qui soutient la série ? Vous êtes prêts pour la liste de noms ? Paul Pope, Lee Bermejo, J.G. Jones, Tim Bradstreet, Jim Lee, Joe Jusko, Dave Gibbons, Mark Chiarello, Jordi Bernet et Frank Miller. Allez vous chercher un mouchoir, vous êtes en train de baver. Du coup, rien à redire sur L'arbre généalogique de M. Branch, qui relève plus d'un savoureux livre d'images que d'une véritable intrigue.

La deuxième histoire, Fosse aux idoles, est un mini-récit indépendant des grandes lignes de la saga. L'agent Graves y est montré en visite dans une maison de repos, où il travaille au corps un pensionnaire qui a pris cher au cours des jours précédents. Dans les couloirs, Graves croise un vieil homme avec qui il a un passé commun. Sans que son nom soit cité, on comprend vite qu'il s'agit de Joe DiMaggio, le célèbre joueur de base-ball qui épousa Marilyn Monroe en 1951 et divorça la même année. Le scénario qui en découle évoque ainsi plusieurs célébrités sans les nommer, et traite avec audace une théorie du complot qu'on pourrait juger tirée par les tifs si Risso et Azzarello n'étaient pas les petits malins que l'on sait : en parallèle de leur narration, ils proposent une historiette muette qui permet de mettre en perspective ce que Graves explique à demi-mots... Tout est question de points de Madre de dios, tu es enceinte ?!
Madre de dios, tu es enceinte ?!
vue, et les coïncidences ont leur rôle à jouer.

Les trois derniers épisodes forment l'arc appelé Bandolero, et marquent le retour de la sensuelle Dizzy et de sa larmichette tatouée. Curieusement, il est plus difficile de s'emballer pour cette histoire que pour les deux courts épisodes riches en contenu qui l'ont précédée, mais on y trouve sans conteste la patte des auteurs et un ton très film noir. Un jeune pompiste s'y voit embarqué dans un trafic gravement illégal sous l'œil perplexe de Dizzy et de M. Shepherd (en anglais : le berger...). Le style visuel de Risso est toujours aussi efficace, avec ses personnages typés et ses ombres ultra-découpées. A l'arrivée, on se régale toujours autant de cette série, on attend la suite avec une seule angoisse, négligeable : ne sera-t-on pas obligé, un jour, de racheter 100 bullets dans une nouvelle édition plus massive qui regroupera les épisodes plus gourmandement que cinq par cinq ?


100 bullets #26 - Mr. Branch & the family tree / L'arbre généalogique de M. Branch (septembre 2001)
100 bullets #27 - Idol chatter / Fosse aux idoles (octobre 2001)
100 bullets #28 - Contrabandolero 1/3 (novembre 2001)
100 bullets #29 - Contrabandolero 2/3 (décembre 2001)
100 bullets #30 - Contrabandolero 3/3 (janvier 2002)

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